« Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action. »

Hannah Arendt (1906 - 1975)

Monseigneur Gaillot : « Avant d’être d’un pays, d’une religion, nous sommes des êtres humains »

Jacques Gaillot. Photo DR

Jacques Gaillot. Photo DR

Jacques Gaillot, c’est avant tout monseigneur Gaillot qui, le 13 janvier 1995, a été relevé de sa charge d’évêque d’Évreux et nommé évêque de Partenia, « un espace sans frontière » en Algérie. Il avait, par ses actions favorables aux objecteurs de conscience, bousculé sa hiérarchie. Retour sur les combats d’un homme qui, à 81 ans, garde toujours la flamme.

Soutien à des objecteurs de conscience, hostilité à la dissuasion nucléaire, prises de position pour le désarmement, pour l’arrêt des essais nucléaires français dans le Pacifique, contre l’Apartheid en Afrique du Sud, rencontre avec le leader palestinien Yasser Arafat, intérêt pour les libérations des peuples, proposition de l’ordination des hommes mariés, opposition à la guerre du golfe, militance contre l’exclusion… La liste est longue. Jacques Gaillot, évêque dans la cité, a accepté de rencontrer The Dissident pour parler de ses engagements en faveur des droits humains.

The Dissident : Les Français sont déroutés sur le plan politique, comme sur le plan personnel, par les milliers de réfugiés qui arrivent en Europe. Quelle position adopter, selon vous ?

Jacques Gaillot : J’ai vu tout récemment qu’Amnesty International avait fait une enquête sur 27 pays européens et leur rapport à l’accueil des réfugiés. Vingt pays sur 27 y sont très favorables, à peu près à 75%. Les gens pensent qu’il faut accueillir, malgré tous les discours qu’on peut avoir. Et j’ai été frappé par le fait que, l’année dernière, un certain nombre de maires, de conseils municipaux, ont décidé d’accueillir des familles. Comme dans la petite commune de Charleval. Il y a eu des oppositions du Front National évidemment. Ils ont tenu bon. Il y avait une maison en ville qui a été aménagée et ils n’ont pas eu de problème. Ils étaient demandeurs et ce n’était pas la seule commune.

Nous-mêmes ici, dans la Congrégation, nous étions d’accord pour accueillir des réfugiés. On passe par une association qui s’appelle Welcome. On en a eu deux pour six semaines. C’était un Kurde de Mossoul et un Afghan de Kaboul. Très sympathiques, ouverts, parlant français. Vraiment, la communauté a été enchantée. Peu après nous avons eu un jeune Afghan et un Malien. Actuellement, c’est quelqu’un du Soudan. Ce n’est pas beaucoup. Sur Paris, il y a des vagues successives. Ils sont mal accueillis. La maire de Paris promet de faire un centre d’accueil, mais ce n’est pas suffisant pour proposer un l’accueil journalier. Quand je vois celui qui a été fait en Jordanie, au Liban ou en Grèce, j’ai presque honte pour la France. Il y a des pays qui ont été beaucoup plus généreux que nous, comme l’Italie, l’Allemagne.

Avec la fin du communisme en Europe et en Russie, certains avaient cru à la fin de l’histoire, à la fin des situations conflictuelles ?

Le monde occidental connait une vague populiste en ce moment, surtout avec l’arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis. On veut refaire des murs, des barrières comme en Hongrie. Au Danemark, en Norvège, des pays traditionnellement très accueillants, on referme les frontières. Or l’avenir n’est pas dans la fermeture des frontières, dans l’érection de murs. Les murs sont faits pour être abattus. Je pensais qu’en Europe, après avoir abattu celui de Berlin, on n’en reconstruirait plus. Mais c’est malgré tout reparti, on veut des barbelés. Mais je crois aux droits des peuples. Regardez en Pologne, les femmes qui ont été massivement dans les rues pour empêcher l’interdiction de tout avortement. Le gouvernement a reculé. En Hongrie, il y a eu un tel sursaut en faveur des étrangers, de telles manifestations, que le Premier ministre n’a pu modifier la constitution. Quand le droit des peuples se manifeste, il y a un rejet du système, des élites, de tous ceux qui nous disent ce qui est bon, ce qu’il faut faire. Il y a une sorte de compromission des politiques avec l’argent, avec le business ; la population est anti-système, contre tous ceux qui sont dans le sérail. À la télévision, dès qu’il se passe quelque chose, on fait venir un expert, on nous dit ce qu’il faut penser. C’est agaçant. On ne donne pas beaucoup la parole au peuple. Par contre, le droit des femmes avance depuis une quarantaine d’années. Il y a beaucoup à faire, mais c’est impressionnant, c’est une révolution.

Le Moyen-Orient représente un imbroglio inextricable. On a sur l’Irak, la Syrie, sur tous les pays du Moyen-Orient au sens large, des ingérences des USA, de la Russie, de pays voisins. Comment peut-on se sortir de cette crise-là ?

Dans ce chaos du Moyen-Orient, je crois que ce n’est pas la solution militaire qui nous permettra d’en sortir. C’est une négociation politique, internationale avec la Russie, avec les États-Unis, avec l’Europe, avec les pays concernés. Est-ce qu’il y a cette volonté politique de se rencontrer pour négocier ? On n’a rien fait pour les Palestiniens ; tout est lié. Nous avons provoqué le chaos dans ces pays, en Libye, en Irak, en Syrie et maintenant les gens fuient. La migration de tous ces réfugiés, nous l’avons finalement créée. Ce n’est pourtant pas la guerre qui aura le dernier mot. On attend l’ ONU, le conseil de sécurité. On a besoin d’un plan de sortie. Est-ce que quelqu’un pourra prendre cette initiative ? L’Europe ne peut parler d’une seule voix. Elle est tellement divisée ! Quand je vois tous ces pays que j’ai visités, cela fait mal au cœur de constater ce délabrement, ce peuple martyr.

Le djihadisme en France se nourrit aussi de ces conflits, y compris du problème palestinien. Vous avez été enseignant à l’Institut de formation des éducateurs du clergé à Paris. Que peut-on faire en France pour neutraliser cette « haine » pointée par les chercheurs, haine qui touche une partie de la jeunesse de culture musulmane qui rêve d’en découdre avec ceux qu’elle considèrent comme ses ennemis ?

Pour beaucoup de jeunes, l’avenir est bouché. Pas de perspectives, pas d’horizon. Notre pays a perdu son élan, son souffle. Alors il y a des aventures qui se proposent. Ils se disent : « Au fond, je vais peut-être servir à quelque chose. Voilà une cause qui est peut-être importante pour libérer un peuple ». On a besoin d’aventure dans sa vie, on a besoin de rêver, de passions. Lorsqu’on est professeur, on contribue à donner un avenir, mais qu’en est-il s’il n’y a pas de travail, si on ne peut pas gagner sa vie, si on ne peut pas se marier comme on voudrait ? Il y a un avenir quand on est jeune. Il ne faut pas se dire « quand je serai retraité, je ferai … ». Les jeunes veulent vivre maintenant et certains d’entre eux sont obligés de rester chez leurs parents. Et l’aventure, ils la trouvent sur internet. Cela interroge la société européenne. Je ne pense pas que ce soit une question de religion. C’est une question de sens à donner à sa vie.

Dans les pays du printemps arabe, on est aussi dans une zone de turbulence. Il y a des souffrances, en Tunisie, avec laquelle je suis très lié (ndlr, depuis la visite du bassin minier de Gafsa, à Redeyef, en insurrection en 2009), en Algérie, au Maroc… Il y a eu en Afrique la question de la décolonisation. Aujourd’hui, il s’agit de la libération des peuples. Je la guette, en particulier pour cette jeunesse qui a besoin de s’exprimer, d’agir, de prendre la parole. Il y a des chapes de plomb à abattre. Il faut rester en éveil.

Photo Alain Roumestand

Photo Alain Roumestand

Le pape François s’est installé au Vatican. Percevez-vous une grande différence par rapport aux papes précédents ?

Tout à fait. L’année dernière, au mois de septembre, il voulait me voir. Il m’a téléphoné sur mon portable plusieurs fois. Ce n’est pas un homme de l’appareil. Ce n’est pas un homme déformé par l’institution. C’est un homme libre. Cela change par rapport à Jean-Paul II, par rapport aux apparatchiks. Il est là pour servir. Tant qu’il est là, il sert. C’est rare, dans une institution comme l’Église, de voir quelqu’un qui n’est pas déformé. Il faut le faire au Vatican, au milieu des loups ! Il apporte beaucoup de choses. Hier, il a organisé une journée avec la messe à Saint-Pierre, avec des handicapés. C’était la journée des précaires, venus de tout le pays. Ils étaient 4000. Il fallait les voir à Saint-Pierre dans leurs costumes habituels. C’est son désir de montrer que l’Église n’est pas pour les possédants. Il a de belles trouvailles. Il va dans les périphéries, comme il dit. Il est parti rencontrer des prêtres mariés à Rome, qui ont des familles, des enfants. Il a passé une soirée avec eux. Il veut montrer que personne n’est exclu. Il va voir les luthériens. Ses gestes interrogent. Des chrétiens s’en donnent à cœur joie pour le contester. Le fait qu’il ait ramené une famille musulmane de Lesbos dans son avion, a fait dire à des fidèles que c’était une faute. En vérité, il est courageux. Pour lui, c’est l’être humain qui prime. C’est la première fois que je vois un pape comme cela. Il surprend parce que, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, c’est le premier pape qui est chrétien.

Son action va-t-elle porter ses fruits ?

Il faut changer les lois de l’Église. Sinon, après lui, il y aura un pape qui viendra et qui remettra de l' »ordre », comme cela peut se faire dans une paroisse ou un diocèse. Après Don Helder Camara au Brésil, on a nommé un évêque extrêmement conservateur. Alors il avance prudemment. Il a pris le nom de François, François d’Assise qui fut un réformateur. Aucun pape n’avait osé prendre le nom de François par le passé ! S’appeler François cela veut dire qu’il veut réformer l’Église. Le pourra-t-il, le fera-t-il ? Il a le souci de ne pas casser l’Église, de ne pas provoquer de schisme. Il montre une autre manière de faire. Il a la sagesse de penser que ce n’est pas parce que l’on fait une réforme que tout va aller à vau l’eau. Il faut préparer le terrain. Il a du monde derrière lui, des gens qui sont dans l’Église et qui le soutiennent. Il change peu à peu les cardinaux. François avance, décentralise.

Il voudrait par exemple que des conférences épiscopales fassent des propositions pour leurs pays respectifs. Parce que la France n’est pas l’Amérique latine. Il y a des pays qui ont beaucoup de prêtres, alors qu’en France ils se font rares. On a de moins en moins de communautés. Mais les évêques de France ne proposent rien. Ils pourraient demander à changer le statut des prêtres. On a cette liberté de modifier les ministères. Mais nous, nous vivons sous le Concile de Trente (ndlr, 1545-1563). C’est une autre époque, nous sommes dans un autre monde. Alors on invite les gens des différents pays à prendre des initiatives. J’ai pas mal voyagé en Afrique. Les Africains sont très conservateurs. Ils ont été formés comme cela à Rome, formatés. Et il ne faut pas toucher au clergé. En Afrique, l’Église, c’est encore une promotion sociale. Cette décentralisation était demandé par le concile (ndlr, 1962-1965) et elle a du mal à voir le jour, car tout doit venir de Rome.

Et la pédophilie ? L’opinion publique voit bien que des actions ont été entreprises face aux victimes, mais ce n’est pas suffisant.

Le plus difficile dans cette affaire, c’est le changement de mentalité. Parce qu’il y avait la loi de l’omerta, le silence, la protection des siens. Aujourd’hui, il faut passer par la justice, il faut se déposséder tout de suite et non plus vouloir régler les problèmes en interne. J’ai rencontré un homme qui avait eu des problèmes avec un prêtre. Il m’a demandé : « Maintenant, l’Église veut qu’on en parle, faut-il que je dise ce qu’il s’est passé, ce qui m’a marqué ? J’étais mineur à l’époque ». Je lui ai répondu oui sans hésiter : « Allez voir le procureur dans votre diocèse, dites-lui. C’est important pour les autres, pour les victimes ». Alors qu’autrefois, on aurait dit : « C’est gênant, on va essayer de voir ce que l’on peut faire ». Je crois que l’on a mis en place des cellules d’écoute dans chaque diocèse, mais on peut faire appel à des laïcs, à des psychologues. C’est important pour les victimes. Mais il est important que les décisions prises soient suivies. Les mentalités sont plus longues à changer que les décisions prises sur le plan juridique.

Pensez-vous que ces pratiques odieuses ont été plus nombreuses par le passé que maintenant ?

On peut le penser, étant donné qu’il y avait suffisamment de prêtres dans de nombreuses institutions : collèges, petits séminaires, patronages. L’Église catholique en France a mis longtemps à accepter la laïcité, qui s’est révélée être source d’ouverture.

Quelle est votre définition de la laïcité ?

Elle permet le vivre-ensemble, dans le respect des autres. Tout citoyen a le droit de croire ou de ne pas croire. Il y a un droit à l’incroyance. La laïcité traduit une revendication d’autonomie de l’individu dans sa raison et dans sa conscience. Cette liberté de l’individu est précieuse pour le vivre-ensemble.

Surtout par les temps qui courent…

Tout à fait. Le vivre-ensemble suppose que l’on parte de l’humain. Un jour, je suis allé visiter un détenu de la prison de Fresnes, qui voulait me voir. À table, le soir, je fais part de cette rencontre. Quelqu’un me demande : « Qu’est-ce qu’il a fait ? ». Je lui réponds : « Je ne sais pas. Je ne pose jamais cette question à un détenu ». Un autre interroge :  « Est-il catholique ? ». « Je ne sais pas. Je ne pose pas cette question non plus ». Alors un troisième intervient : « De quoi avez-vous parlé ? ». « J’ai écouté cet homme qui avait une souffrance à me partager ». Partir de l’humain, ce n’est pas se renseigner sur l’autre avec nos catégories, c’est écouter ce qui le fait vivre ou ce qui l’en empêche. Avant d’être d’un pays, d’une culture, d’une religion, nous sommes des êtres humains. Avant d’être du Nord ou du Sud, nous sommes des citoyens du monde. Avant d’être des étrangers, nous sommes des frères en humanité.

Vous êtes intervenu il y a quelques années pour les « cinq de Miami ».

Les « cinq Cubains de Miami », détenus injustement et scandaleusement aux USA, ont été remis en liberté. Signe qu’un vent nouveau allait souffler sur Cuba. Les relations diplomatiques, commerciales, culturelles se tissent de plus en plus. Il reste à lever le blocus illégal et inhumain qui continue à peser sur Cuba, et à fermer Guantanamo, cette prison de la honte.

Comment jugez-vous l’expérience castriste sur le long terme ?

J’ai vécu la révolution cubaine avec enthousiasme. Le peuple a vécu une grande aventure. Fidel Castro était un chef charismatique qui a libéré son peuple et lui a donné sa fierté. Hélas, les Américains ont tout fait pour torpiller cette révolution naissante, en imposant d’abord un cruel blocus. Le peuple cubain est attachant et courageux.

Quels sont vos engagements actuellement ?

La cause des sans-papiers. Je suis président de l’association Droits devant. La plupart sont des Africains. Ils travaillent au noir. Le samedi après-midi, on se retrouve dans les locaux étroits de l’association. Nous sommes une bonne centaine, debout, serrés les uns contre les autres. Je me sens bien avec eux. Ils sont courageux, dynamiques. Nous faisons des actions, des démarches pour qu’ils obtiennent leurs papiers.

Ce week-end j’étais invité à intervenir à Allex, près de Valence, sur l’accueil des réfugiés. Il y avait plus de 400 personnes. Comme il est réconfortant de voir que tant de gens se montrent solidaires des réfugiés au sein d’associations ! Beaucoup prenaient la parole pour dire ce qu’ils faisaient. Le lendemain, je rencontrais les réfugiés venus de Calais.

Dernièrement, je suis aussi allé en Albanie, à Tirana, la capitale. J’étais invité à rencontrer 3000 Iraniens opposés au régime des mollahs de Téhéran. Ils venaient d’un camp proche de Bagdad. En danger de mort, ils ont pu gagner l’Europe grâce à des interventions diplomatiques. L’Albanie les a accueillis dignement, leur donnant des moyens de s’intégrer. Écouter ces Iraniens, leur parler, les visiter là où ils vivent, fut un grand moment.

Quid de l’association Droit au Logement (DAL) ?

Actuellement, j’interviens quand son responsable Jean-Baptiste Eyraud me le demande. C’est ainsi que je suis allé au tribunal de Melun pour défendre un militant responsable du DAL 77. Le directeur de l’hôpital de Melun l’accusait de l’avoir injurié dans la presse. Un SDF était mort de froid devant les urgences alors que l’hôpital a des locaux vides depuis 10 ans. Ce militant, au nom de son association, avait exprimé sa colère devant cette situation. J’ai fait part à un journal de mon étonnement de constater qu’on perd du temps à faire un procès à un militant apprécié et reconnu de tous, qui se bat pour que des familles aient un logement digne. Le tribunal était bondé de militants. Ce fut la relaxe.

Enfin je vais visiter des prisonniers : Yvan Colonna à Arles, Ibrahim Abdallah, bien connu en France, qui entame sa 33e année de prison, et Ibon, un basque très soutenu par sa communauté, qui a la sclérose en plaques. Tous deux sont à la prison de Lannemezan au pied des Pyrénées.

En 1995, votre hiérarchie a voulu vous faire taire d’une certaine manière, en vous nommant évêque de Partenia, un diocèse immatériel. Vous avez continué et même amplifié votre action au service des plus démunis. Tout compte fait, Partenia a été une opportunité, puisque vous avez été l’évêque des déshérités, des pauvres et des marginaux.

Merci à Rome de m’avoir libéré et de m’avoir envoyé à Partenia qui est partout où il y a des exclus. Je ne supporte pas l’injustice. Le seul combat qui vaille, c’est celui de l’homme. Avec d’autres, modestement, j’essaie de construire un monde où chacun existe pour l’autre.

 

 

Alain Roumestand
Alain Roumestand – Une carrière très diversifiée : professeur d’histoire, formateur presse, animateur radio, formateur d’élus, syndicaliste, rédacteur presse de l’Education Nationale, conseiller en formation continue en France et à l’étranger, chargé de communication, proviseur, rédacteur presse internet, historien.

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