« Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action. »

Hannah Arendt (1906 - 1975)

« Face aux lobbies agro-industriels, il faut créer un rapport de force »

Des travailleurs agricoles en Argentine, 2007 - (c) Flickr/Nahuel Berger/World Bank

L’agriculture biologique peut-elle nourrir la planète ? Oui, répond l’agronome Jacques Caplat. Face aux impasses du modèle européen, ce fin connaisseur du monde agricole –  lui-même fils de paysans – montre qu’il est possible de changer de voie… à condition de s’en donner les moyens. Entretien.

The Dissident : Pourquoi est-il urgent de remettre  en question notre modèle agricole, comme vous nous y invitez dans votre dernier livre, « Changeons d’agriculture »1?

Jacques Caplat - (c) J-M. Gouëlou

Jacques Caplat – (c) J-M. Gouëlou

Jacques Caplat : Parce qu’il arrive dans une série d’impasses. Déjà, les choix que nous avons faits depuis la Seconde Guerre mondiale conduisent à créer massivement du chômage. Avec la « révolution silencieuse », on a libéré des bras, mécanisé, agrandi les fermes… et on a institutionnalisé ce modèle. Cette logique, qui se tenait à une époque, devient complètement absurde dans un monde de chômage de masse, où l’énergie coûte cher.

La deuxième impasse, bien sûr, c’est celle des pesticides, dont les dangers sur la santé et l’environnement sont aujourd’hui prouvés. Ce système s’avère aussi extrêmement gourmand en énergie (fonctionnement des machines, fabrication des engrais, importation des aliments pour le bétail…). Aujourd’hui, une partie de l’agriculture française a un bilan énergétique négatif : elle consomme plus d’énergies fossiles qu’elle ne produit d’énergie dans les aliments. Autrement dit, elle est moins efficace que la chasse et la cueillette !

Et la dernière impasse, c’est que notre modèle ne fonctionne que si l’on parvient à maîtriser l’environnement des cultures. Au lieu d’adapter les plantes et les animaux à leurs milieux, on a sélectionné des variétés dans des conditions totalement idéalisées. Il faut donc artificialiser le milieu, en y ajoutant des pesticides, des engrais… Ce qui fonctionne à peu près en Europe et Amérique du Nord, mais pas dans le reste du monde.

L’agriculture européenne est-elle devenue le modèle mondial, ou certains pays ont-ils pris une autre voie?

Cette évolution a été un rouleau compresseur, et je n’ai pas d’exemple de pays qui l’ont refusée. Dans beaucoup d’endroits, en revanche, il reste plein de poches où l’on pratique d’autres formes d’agriculture. Et puis certains pays ont opéré un virage, comme le Bhoutan ou l’État du Kerala, en Inde, qui ont décidé de passer au bio. D’autres sont allés de facto vers ce modèle, comme Cuba qui, à un moment donné, n’avait plus les moyens de s’approvisionner en produits chimiques. Ils ont donc été contraints de développer des petites structures, sans produits chimiques, avec des cultures associées, une agriculture urbaine…. Aujourd’hui, le pays est à moitié bio.

Pour les consommateurs, l’agriculture biologique, c’est d’abord une agriculture sans pesticides. Est-ce uniquement cela, la « bio » ?

Non, c’est vraiment le grand malentendu ! Si on garde le système conventionnel et qu’on enlève uniquement la chimie, comme on le fait en France et au Canada, ce n’est pas de l’agriculture biologique. Dans son livre Fécondité de la Terre (1937), Ehrenfried Pfeiffer a posé les bases de la bio : c’est une agriculture qui permet de créer un organisme agricole, et de remettre l’agro-système et les humains en interrelation. Dans cette démarche, on s’interdit effectivement les produits chimiques, mais ce n’est pas un but. Seulement un moyen de mettre en place cet écosystème agricole.

Une travailleuse agricole ramasse du millet en Inde - (c) Flickr/ICRISAT

Une travailleuse agricole ramasse du millet en Inde – (c) Flickr/ICRISAT

Selon vous, l’agriculture biologique peut non seulement nourrir la planète, mais elle est la mieux placée pour y parvenir. Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer?

Une analyse agronomique, d’abord : aujourd’hui, c’est l’agriculture conventionnelle qui provoque la faim dans le monde. Dès lors qu’on remplace les humains par des machines et de la chimie, qu’on agrandit les fermes pour rationaliser la production, on crée du chômage. La faim dans le monde n’est pas un problème agricole – on produit largement ce qu’il faut pour nourrir l’humanité – mais un problème de pauvreté. Au Brésil, qui est excédentaire sur le plan agricole douze millions de personnes souffrent de la faim chaque année, en majorité d’anciens salariés agricoles. Et nous en sommes indirectement responsables, puisque ces grandes fermes brésiliennes produisent du soja qui nourrit notamment le bétail des régions bretonnes.

Par ailleurs, cette agriculture conventionnelle ne fonctionne que si on arrive à reproduire les conditions idéales de la sélection, ce qui est impossible dans la plus grande partie de la planète. Alors qu’à l’inverse, l’agriculture bio est par définition évolutive et adaptative. Plutôt que de se battre contre le milieu, on s’en sert. C’est une démarche extrêmement souple et résiliente.

En Europe, on pense que le bio génère moins de rendement que le conventionnel, tout simplement parce qu’on ne sait pas les comparer. Les études sont réalisées sur une variété de blé du catalogue commun, qui a donc été sélectionnée pour la chimie. On va ensuite la mettre en culture dans un champ où il n’y a plus d’écosystème et, sur l’une des parcelles, on va supprimer la chimie. Évidemment, les rendements sont plus faibles, puisqu’on pratique du conventionnel sans chimie. Mais on n’a strictement rien prouvé.

La première chose à faire pour comparer les rendements de la bio et du conventionnel, c’est une analyse statistique basée sur les centaines de millions de fermes en bio qui existent dans le monde. Des études l’ont fait, dans des pays non tempérés, en mesurant sur des millions d’hectares les rendements réels, année après année. Et toutes concluent que la bio a de meilleurs rendements que le conventionnel, dès lors qu’on arrive à mettre en place un système de cultures associées, avec une main d’œuvre disponible.

En France et en Europe, est-il encore possible de faire évoluer notre modèle agricole ? À quelles conditions ?

Une partie des exploitations agricoles françaises sont effectivement très loin d’un système bio, et  tellement industrielles qu’il sera très compliqué de les faire évoluer. Mais il y en peut-être 80% qu’on peut faire changer sur dix ou vingt ans, si on s’en donne vraiment les moyens.

Et les moyens, c’est d’abord une réforme fiscale. En Europe, toute la fiscalité du travail vise à favoriser les machines au détriment de la main-d’œuvre, sur laquelle pèsent toutes les charges. Tant que ça sera le cas, nous serons coincés.

Ensuite, il faut mettre fin à l’obligation pour les paysans d’acquérir des semences du catalogue. Je ne suis pas favorable à une liberté d’échange absolue, car il est sain de réguler les échanges marchands, mais je pense qu’il faut autoriser les transactions non-marchandes, de gré à gré. Reconnaître la sélection paysanne, et l’inciter, comme on le fait par exemple avec le réseau Semence Paysannes. Et il faut évidemment mener des recherches dans des domaines où nous avons besoin d’améliorer notre savoir, notamment sur les cultures associées.

Enfin, LA condition, c’est que les politiques publiques marquent l’agriculture biologique comme étant l’horizon. C’est fondamental. Quand j’étais conseiller agricole, j’ai vu des paysans qui avaient peur face à la bio. Il y a une crainte technique, une crainte économique, mais aussi une peur psycho-sociologique, qui est la plus difficile et la plus importante à comprendre. Passer en bio quand on est agriculteur, c’est comme partir à 800 kms de chez soi pour un salarié. On change de réseau social, de filières commerciales… Certains craignent le regard des autres, aussi. Si on veut répondre à cette peur, il n’y a qu’une solution : que les politiques publiques disent aux paysans que la bio, c’est l’avenir. Dès lors, il n’y a plus de crainte, mais une fierté de préparer demain.

Des côtes bretonnes envahies d'algues vertes - (c) Flickr Cristina Barroca

Des côtes bretonnes envahies d’algues vertes – (c) Flickr Cristina Barroca

La réorientation de la Politique Agricole Commune (PAC) – qui affiche notamment l’ambition de redistribuer une partie des aides vers les éleveurs, les petites et moyennes exploitations – vous semble-t-elle aller dans le bon sens ?

Si c’était vraiment ça, ça irait dans le bon sens. Le problème, c’est qu’on est dans l’affichage. Prenons la fin des quotas laitiers : c’est à l’opposé de la défense des petits éleveurs ! Dans les deux ou trois ans qui viennent, on va avoir une restructuration monstrueuse de ces élevages: agrandissement, sur-mécanisation, rationalisation économique… Ce qui signifie « chômage », en langage courant.

Malgré quelques améliorations minimes, la PAC reste malheureusement ce qu’elle était. On continue de financer la production sans se poser de questions. Le « premier pilier », c’est-à-dire les aides directes, sont devenues une rente pour les grands céréaliers français. Sans ces subventions, ils sont déficitaires. Autrement dit, on leur donne aujourd’hui de quoi être millionnaires, sans avoir un mot à dire sur leurs choix de production. Or il ne faut pas oublier que les actionnaires de l’agriculture européenne, c’est nous !

D’un autre côté, on va essayer de compenser les dégâts de cette agriculture avec « le deuxième pilier », qui est dix fois moins doté que le premier. Pour faire évoluer l’agriculture, il faudrait rééquilibrer en profondeur la distribution des aides. C’est ce qu’a fait la Suisse, il y a une vingtaine d’années : ils ont décidé de donner le maximum d’aides aux producteurs qui sont en bio, un peu moins à ceux qui sont en production intégrée (un système presque bio, où on s’autorise encore un peu de chimie), encore moins à ceux qui font de l’agriculture raisonnée, et rien à ceux qui ne font pas d’effort. Aujourd’hui, ils ont 12% de bio et 80% de production intégrée.

Adoptée à l’automne dernier, la « Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et les forêts » se veut officiellement un outil au service de l’agro-écologie. Y voyez-vous le début d’une vraie évolution des politiques publiques, ou un double langage visant à maintenir le modèle d’agriculture que nous connaissons ?

Malheureusement, un double langage. Les actes ne suivent pas. Dans cette loi, par exemple, la question des semences n’est pas du tout remise en cause. Aujourd’hui, un paysan ne peut acquérir une variété que si elle est inscrite au catalogue commun. Et pour cela, il faut montrer qu’elle a un meilleur rendement que celles déjà répertoriées. Si on continue d’avoir des semences sélectionnées de façon standardisée, qui ont besoin d’engrais et d’irrigation, on ne pourra pas mettre en place d’autres techniques agricoles. Pourtant, jamais Stéphane Le Foll ne pose la question des semences. Au contraire, il va jusqu’à dire qu’il faut faire des OGM en agro-écologie, ce qui est une négation totale de la bio ! Il n’y a aucune vision systémique. Et de fait, les grandes firmes agro-industrielles sont très contentes de cette loi… Ce qui est un peu inquiétant.

Après, quelques portes s’ouvrent. Il y a les projets territoriaux, qui peuvent permettre de faire des expérimentations entre des collectivités locales et des groupes de paysans pour des productions agricoles différentes, ce qui peut aider à mettre en place des systèmes d’agriculture bio qui préservent l’eau, fournissent les cantines etc. Il y a aussi les Groupements d’Intérêt Ecologique et Economique (GIEE) : on ne sait pas très bien ce que ça va donner, mais c’est quand même un cadre légal qui va permettre un peu d’innovation, en permettant par exemple aux groupes qui font des semences paysannes de pouvoir en échanger entre eux. Tout n’est pas mauvais donc, même si cette loi reste très limitée.

Ce texte loi prévoyait d’interdire aux agriculteurs la pulvérisation de pesticides à moins de 200 mètres des écoles ou des lieux abritant des populations sensibles (hôpitaux, parcs…). Pourtant, après la forte mobilisation de la FNSEA, l’interdiction a été supprimée… Quelle leçon faut-il en tirer ?

Au départ, cette interdiction n’était même pas prévue. Ce sont les amendements parlementaires qui l’ont ajoutée à la demande d’associations, appuyées par certains groupes politiques (les écologistes, le Front de Gauche et quelques personnes du Parti Radical de Gauche). Ça a finalement été rejeté, suite à la pression de la FNSEA. Ce qui est tout à fait symptomatique du poids du lobby agro-industriel, qui est l’un des plus puissants au monde.

C’est quelque chose que nous devons regarder en face, mais sans nous tromper d’adversaire. Beaucoup de citoyens veulent se mobiliser pour changer d’agriculture. Ce rapport de force doit se faire contre les lobbies, pas contre les paysans. Eux-mêmes victimes du système agricole actuel, les paysans conventionnels d’aujourd’hui sont les bio de demain. Et il faut les aider à évoluer.

À côté de ça, les lobbies agro-industriels – de grands responsables syndicaux et des multinationales – sont des adversaires politiques face auxquels nous devons créer un rapport de force. Et ce n’est pas la Confédération Paysanne ni quelques associations de protection de l’environnement ou de paysans bio qui feront contrepoids. La société civile doit se mobiliser. Puisque l’agro-industrie met une énorme pression sur les hommes politiques, il faut que les citoyens en fassent de même.

Manifestation d'une vingtaines de structures paysannes et citoyennes contre l'Open AgriFood, en novembre 2014 à Orélans - (c) Flickr/Olivier Tétard

Manifestation d’une vingtaines de structures paysannes et citoyennes contre l’Open AgriFood, en novembre 2014 à Orélans – (c) Flickr/Olivier Tétard

Comment ?

Toutes les actions sont bonnes. La seule chose importante, c’est de ne pas s’attaquer aux paysans eux-mêmes. Après, tout est possible : aussi bien le boycott – à utiliser avec précaution – que les manifestations, qui peuvent être utiles sur certains thèmes, on l’a vu en mars lors de la baisse rétroactive des aides à l’agriculture bio.

Il y a des mobilisations qui ont marché, par exemple sur les OGM. En 2008, pourquoi un président et un gouvernement favorables aux OGM ont-ils interdit leur culture en France ? Parce qu’ils étaient sous la pression de la société civile., après dix ans de fauchages volontaires, de manifestations pacifiques, de pétitions, de mobilisations sur internet, d’articles… C’est l’exemple de ce qu’il faut construire pour demain. La combinaison de différentes actions peut changer les choses.

Lors du pic de pollution qui a touché une partie de la France, la responsabilité des épandages agricoles a été soulignée. Plusieurs agriculteurs ont dénoncé « une stigmatisation », voire « une provocation ». Est-il possible, aujourd’hui, d’ouvrir un débat serein autour de notre modèle l’agriculture ?

Bonne question. Dès lors qu’on dit qu’il faut changer de pratiques, on stigmatise forcément celles qui existent, et des paysans se sentent mis en cause. Peut-on porter une critique de l’agriculture sans créer de tensions avec les agriculteurs ? Ça n’est pas simple, on marche sur des œufs.

Et puis il y a aussi des gens de mauvaise foi. J’en ai vraiment assez de lire que « si on répand du lisier, c’est qu’on ne peut pas faire autrement »… Ceux qui disent ça en sont peut-être convaincus, mais s’ils en sont là, c’est qu’il y a un problème global. Pendant 10 000 ans, les paysans qui avaient des vaches laitières n’avaient pas de lisier. Donc qu’on ne vienne pas me dire que c’est inéluctable ! Évidemment, si on a besoin d’avoir des élevages très gros pour gagner sa vie parce que tout le système agricole a été fait pour le gigantisme, on ne peut plus se permettre de faire du fumier, du composte, etc. Individuellement, ils sont coincés. Mais prétendre qu’on ne peut pas faire autrement, c’est confondre un choix historique et économique avec l’agronomie réelle.

Tant qu’ils restent enfermés dans l’histoire agricole récente, les agriculteurs n’arriveront pas à entendre ce qu’on leur dit et le prendront pour une agression. Le nœud, c’est d’arriver à leur faire comprendre qu’on peut faire autrement, sans être uniquement dans la dénonciation du système agricole. C’est un équilibre difficile à trouver.

1Actes Sud, 2014.

Article publié le 30 juillet 2015.

Aurélia Blanc
Aurélia Blanc, journaliste indépendante. Passée par Respect Mag ou le Bondy Blog, je traîne mes guêtres sur le web, dans la presse magazine ou dans l'édition.

6 Comments

  1. Monnerat

    24 avril 2015 à 13 h 52 min

    Je ne connais pas les variétés de fraise d’argentine, mais ici, en Europe quand je vois des plantes qui ressemblent à celles de la photo, j’appelle ça des pommes de terre. Mais bon c’est peut-être moi qui me trompe… C’est dommage, mais la légende de la première photo met en doute toute la crédibilité de l’article et des sources qu’il cite….

    • Aurélia Blanc

      Aurélia Blanc

      24 avril 2015 à 18 h 34 min

      Bonjour,

      La photo en question est issue d’une série intitulée « Agriculture workers on a strawberry farm », de la Banque Mondiale, trouvable sur Flickr (et sur laquelle on voit bien les fraises par ailleurs!). Mais vous avez raison, sur ce cliché, c’est visiblement des plans de tomates… L’erreur a été corrigée! Erreur qui, au passage, n’a rien à voir avec la « crédibilité » de la personne interviewée, puisque c’est nous qui avons légendé la photo, et non Jacques Caplat (homme de terrain et expert reconnu, faut-il le rappeler)… Cordialement

  2. Monnerat

    24 avril 2015 à 13 h 54 min

    Excusez-moi, c’est des tomates, autant pour moi…

  3. Spiroulinka

    24 avril 2015 à 17 h 34 min

    on peut aussi etre contre les lobbi autant que consomateurs des produits BIO

  4. Oleev

    3 janvier 2017 à 10 h 50 min

    Très bon article, mais le lien « Semences Paysannes » en haut de page dans la bio de Jacques Caplat ne fonctionne plus.

  5. Pingback: L’impasse de l’agriculture productiviste actuelle – La petite Gascogne

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Jacques Caplat en bref

Fils d’un « petit paysan » et petit-fils d’un « berger sans terre », Jacques Caplat est agronome. Il a d’abord travaillé comme conseiller agricole (en conventionnel, puis en bio), avant de rejoindre la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), durant huit ans.


Sollicité en tant qu’expert sur deux chantiers majeurs ( les semences et la transition vers l’agriculture biologique), il a notamment  participé à la création du réseau Semences Paysannes, et il est l’un des administrateurs de l’association Agir pour l’environnement.


Auteur de deux récents ouvrages, « L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité » (Actes Sud, 2012) et « Changeons d’agriculture » (Actes Sud, 2014), il tient également le blog Changeons d’agriculture.


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