« Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action. »

Hannah Arendt (1906 - 1975)

Jean-Pascal Couraud : le mystère de la disparition du journaliste toujours irrésolu

Jean-Pascal Couraud à Tahiti avant sa disparition le 15 décembre 1997. Photo MaxPPP ​

Jean-Pascal Couraud à Tahiti avant sa disparition le 15 décembre 1997. Photo MaxPPP ​

L’affaire du journaliste français Jean-Pascal Couraud, disparu à Tahiti le 15 décembre 1997, demande justice depuis trop longtemps, a déclaré le Pacific freedom forum, appelant par la même occasion à la publication de documents d’État top secret.

« Cela fait 18 ans qu’il a disparu, et 10 ans que les enquêtes explorent la thèse de l’assassinat », a déclaré Titi Gabi, présidente du Forum du Pacifique pour la liberté. « Jean-Pascal Couraud, sa famille, ses collègues et beaucoup de ses amis sont dans l’attente d’un traitement de la justice depuis trop longtemps. Couraud incarnait une voix populaire et un esprit obstiné aux yeux des Polynésiens. L’idée qu’il ait été assassiné nous hante toujours aujourd’hui », a-t-elle ajouté.

Connu par sa signature, JPK, Couraud a disparu à Tahiti le 15 décembre 1997. La police partait à l’époque sur l’hypothèse d’un suicide par noyade. C’était le mois dernier le 19ème anniversaire de sa disparition. Jean-Pascal Couraud avait été journaliste pour le quotidien local Les Nouvelles, avant d’être limogé suite au rachat du titre. Il a alors travaillé en tant que conseiller en communication pour le leader de l’opposition Boris Léontieff-Teahu qui a également disparu lors d’un crash d’avion en plein océan, avec d’autres membres de son parti.

« Parfois, les plus petites îles renferment les plus grands secrets »

Les corps de Boris Léontieff et de ses collaborateurs, ainsi que celui de Jean-Pascal Couraud, n’ont jamais été retrouvés. Après un changement de gouvernement local en 2005, un membre du groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), service d’ordre jusqu’en 2006 de l’ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, avait déclaré avoir entendu ses coéquipiers se vanter d’avoir battu puis noyé Couraud, par 2500 mètres de fond au large de Tahiti.

Ces déclarations furent retirées sous la pression du GIP, puis plus tard réaffirmées lors des audiences après que l’enquête judiciaire en cours ait découvert un lien avec une enquête menée par Couraud, atteignant les plus hauts niveaux de l’État français

La co-présidente du Forum du Pacifique pour la liberté Monica Miller a ajouté que les interrogations autour du dossier se sont multipliées au cours des 10 années d’enquête, relancée peu après le dépôt d’une plainte par la famille du journaliste. « Parfois, les plus petites îles renferment les plus grands secrets. Le droits fondamental de l’homme à accéder à l’information est ici dénié par l’État français sous couvert de sécurité nationale », dénonce Miller.

Le Pacific freedom forum a ainsi appelé l’administration de François Hollande à examiner les restrictions concernant les documents clés relatifs à la disparition du journaliste Jean-Pascal Couraud. « Tant que le dossier JPK ne sera pas dévoilée, l’état français doit être considéré comme suspect dans cette affaire, de même que dans ses revendications en faveur d’une presse soi-disant libre et plurielle », a ajouté Monica Miller.

Trois anciens membres de l’unité de surveillance, très proches de l’ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, sont accusés d’assassinat en bande organisée. Flosse avait de son côté fait face à de nombreuses accusations de corruptions, notamment des allégations de pots-de-vin envers le parti politique de l’ancien président français, Jacques Chirac.

Par le Forum du Pacifique pour la liberté (Pacific freedom forum, PFF)

Traduit par Baptiste Duclos

Auteur invité
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1 commentaire

  1. lebororo

    11 janvier 2016 à 5 h 31 min

    Recherchez « ceux » qui étaient en tête politique avec leur « propre » armée…

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