Élisée Reclus 1830 – 1905

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Élisée Reclus, géographe libertaire, militant et écrivain anarcho-communiste.

Anarchiste, communiste et libertaire, Élisée Reclus est l’un des plus importants géographes de la fin du XIXe siècle. Il est reconnu comme un précurseur de la géographie sociale (rapports entre les espaces et les sociétés), de la géohistoire (construction des espaces sur une longue durée) et de ce qui s’appellera plus tard l’écologie.

Né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) dans une famille protestante, Jacques Elisée Reclus (de son vrai nom) était destiné à devenir pasteur, comme le souhaitait son père. Mais à 18 ans, il est exclu de la faculté de théologie protestante de Montauban pour ses positions politiques. Déjà acquis aux théories socialistes, puis anarchistes et progressistes, il abandonnera la foi et se prendra d’amour pour la géographie. Ses premiers travaux dévoileront son admiration pour la Terre et la vie.

Dès 1864, il entretient d’étroites relations avec Bakounine. Il se prononce en faveur de l’union libre, défend le droit de vote mais s’oppose au principe de l’élection et à l’État puis, rapidement, perd espoir en la lutte pacifiste. Il prendra part à la Première internationale (1864) et à la Commune (1871). Exilé une première fois en 1851, il est  banni de France 1871 – ce qui l’amène à s’installer en Suisse – avant d’être amnistié huit ans plus tard.

À cette période, il se consacre surtout à l’écriture, notamment aux côtés de Bakounine puis Kropotkine (qu’il rencontre en 1877).  En 1876, il crée une section internationaliste en Suisse et lance la revue Le Travailleur. Il collaborera également avec le journal Le Révolté de Kropotkine dans lequel il définit son communisme libertaire.

En 1893, Elisée Reclus, qui est aussi un pédagogue, crée l’Université Nouvelle en Belgique avec des professeurs démissionnaires de l’Université libre de Bruxelles. Très en avance sur son temps, il défendra notamment l’indépendance des femmes, le langage universel, une éducation plus libre ainsi que le respect de la nature, avant de mourir en 1905.

 

Quelques-unes des ses œuvres :

Histoire d’un ruisseau – 1869, Éditions J. Hetzel.

L’Homme et la Terre – 1905 (posthume),  Éditions Librairie universelle.

Pourquoi sommes nous anarchistes ? – 1889 (texte politique)

La Nouvelle Géographie Universelle – 1876 à 1894 (19 tomes), Éditions Hachette.

 

Citations :

« Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté » – Le Révolté, 1885

« Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse » – Correspondance, 1892

« Notre destinée, c’est d’arriver à cet état de perfection idéale où les nations n’auront plus besoin d’être sous la tutelle d’un gouvernement ou d’une autre nation; c’est l’absence de gouvernement, c’est l’anarchie, la plus haute expression de l’ordre. » – Le développement de la liberté dans le monde, 1851

  • Categorie: Contemporaine (1789-...), Europe, Politique