Svetlana Aleksievitch

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Svetlana Aleksandrovna Aleksievitch (1948 – … )

Ecrivaine et journaliste biélorusse, prix Nobel de littérature

À l’écoute des anonymes, Svetlana Aleksievitch a su donner vie avec beauté des « romans de voix » racontant les dégâts du communisme. Née dans une famille d’enseignants de l’ouest de l’Ukraine, d’un père biélorusse et d’une mère ukrainienne, Svetlana a passé son enfance dans un village de Biélorussie. Enfant du monde soviétique, elle fait ses premiers pas aux komsomols ou « jeunesses communistes », avant d’entreprendre des études de journalisme à Minsk (Biélorussie).

Avant et après la chute de l’URSS, elle écrira plusieurs ouvrages, nourris de nombreux témoignages, et souvent sujets à controverses. À commencer par son premier livre, La guerre n’a pas un visage de femme (1985), une œuvre mêlant enquête journalistique et littérature, où elle évoque le rôle des femmes soldats de l’Armée rouge lors de la Seconde Guerre mondiale. Dix ans plus tard, elle donne voix aux nombreux déçus du régime communiste qui ont tenté de se suicider, dans Ensorcelés par la mort. En 1998, elle publie La Supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse, qui revient sur les désastres provoqués par l’explosion de la centrale nucléaire en 1986. Des ouvrages qui ont fait d’elle l’une des principales dissidentes du régime totalitaire de l’actuel président biélorusse, Alexandre Loukachenko.

Alors qu’une partie de ses œuvres (La guerre n’a pas un visage de femme, Cercueil de Zinc) est censurée à partir de 1985 dans le pays et en Russie, sa vie se retrouve menacée. En 2000, elle accepte donc la résidence en ville-refuge, destinée aux écrivains en danger, sur la proposition du Parlement international des écrivains. Comme première ville de refuge, elle choisit Toscane puis vient habiter en France, à Suresnes (Hauts-de-Seine) avant de s’établir  à Minsk. En 2013, elle remporte le prix Médicis essai pour son ouvrage La fin de l’homme rouge ou Le Temps du désenchantement, sacré « meilleur livre de l’année » par le magazine Lire. Deux ans plus tard, elle reçoit le prix Nobel de littérature pour son premier livre, La guerre n’a pas un visage de femme, devenant la première femme russophone à être récompensée par l’institution suédoise.

Œuvres

La guerre n’a pas un visage de femme, 1985, Broché

Les Cercueils de zinc, 1990, Broché

La Supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse, 1998, Broché

Derniers témoins, 2005, Broché

Citations

« Malgré tout, je dis ce que je crois nécessaire de dire. Malgré tout, j’écris ces livres. Que ça plaise au pouvoir ou non. Et je sais qu’il y aura toujours des gens qui vont les lire, pour qui ce sera un soutien. (…) Mon lectorat principal, les enseignants, les médecins, les représentants de l’intelligentsia sont aujourd’hui la partie la plus pauvre de la société. » (interview à RFI le 3 décembre 2013)

  • Categorie: Arts, Contemporaine (1789-...), Droits de l'Homme, Droits de la Femme, Europe, Journalisme, Politique