Meilleurs voeux 2018 !

The dissident - Webmagazine citoyen
Chères toutes et chers tous,

J’aurai attendu sagement ces  premiers jours de l’année 2018 pour vous faire part de ce qui m’anime pour sacrifier aux traditionnels vœux publics de circonstance.

Comme beaucoup d’entre vous, je constate que nous entrons dans un âge sombre où l’alliance entre les intérêts économiques et financiers avec l’exercice du pouvoir politique, n’a jamais été aussi flagrante et indécente, faisant fi de tout ce qui fait et soude une communauté nationale. Le bien public.

Où l’entre-soi dans notre pays est une plaie, le rejeton de la reproduction des hiérarchies sociales, dont l’arrogance ne s’est jamais aussi bien portée pour défendre le statut quo, le maintien d’une domination, dont on ne retient souvent que les palinodies et les acrobaties de certains notables, destinées à fructifier leurs égos, leurs portefeuilles et leurs carnets d’adresses. Ici, comme ailleurs, chacun défend sa niche, au détriment de l’intérêt général.

Où aussi une bonne partie de nos institutions se métastasent et deviennent dangereuses pour nos libertés, pour la démocratie et notre vivre-ensemble ?

Mais que veut donc cette génération des 30 ou 40 ans qui a pour une partie d’entre elle, le cœur à gauche, mais le portefeuille à droite, et qui voudrait changer le monde, sans vouloir se heurter au mur du pouvoir et de la responsabilité ?

Que pouvons nous bouger ensemble, quand le « moi  » triomphant et le repli familial sont des bulles qui nous protègent de la vision d’une société et d’une civilisation délitées ?

Comment lutter dans ce nouveau cercle vicieux politico-économique, où notre société de consommation consume toute interrogation chez pas mal de nos concitoyens, où le passé devient obsolète, et où une bonne partie de notre jeunesse n’y trouve plus sa place ou la refuse ?

Comment essayer alors de réfléchir ensemble à l’épuisement de la démocratie, à son évidement de l’intérieur et de son sens, à ces moments charnières où la démocratie bascule et fusionne dans l’économie de marché et de la finance, se transformant progressivement en un système prédateur qui se cantonne à graviter autour d’une idéologie du seul profit ?

Voulons-nous, et sommes-nous en mesure de renverser ce processus ? That is the question.

Pour ma part, je suis engagé depuis longtemps avec d’autres dans un certain nombre de combats, pour la liberté et la solidarité, mais aussi pour la fraternité et le vivre ensemble où le rôle de passeur est prépondérant. Je lutterai toujours et encore, tant que la vie et le désir seront là.

C’est pourquoi, j’ai fondé le webmagazine citoyen The Dissident, et son positionnement éditorial s’inscrit plus que jamais dans le devoir et la nécessité. Ceux notamment de la lutte contre l’oubli et pour la vie ; par une participation ouverte, diversifiée et pluraliste de contributeurs, qui nous fait cheminer ailleurs que dans l’entre-soi. Celle qui, comme l’écrivait Albert Camus, aide aussi à fuir l’abstraction, à ne pas se détacher de la réalité, et à s’essayer certes fort modestement, « de mettre en lumière des problèmes qui se posent aujourd’hui à la conscience des hommes. »

Leçon toute camusienne, laquelle dans mon esprit, retient aussi l’instrumentalisation récurrente de l’histoire, par des politiques et leurs affidés, « ces hommes sans idéal et sans grandeur » qu’évoquait Camus dans ses Carnets : « Chaque fois que j’entends un discours politique, je suis effrayé de n’entendre rien qui rende un son humain; ce sont toujours les mêmes mots qui disent les mêmes mensonges ».

Conscient de la place que prennent aujourd’hui le nihilisme et le cynisme dans nos sociétés, je suis de celles et ceux qui pensent que les temps ont moins changé qu’on ne le dit. Authentiquement démocrate et républicain, j’essaie de faire ma part d’homme et de citoyen, The Dissident n’étant qu’un des nombreux possibles, que j’espère un tant soit peu utile, pour contrer entre autres manipulations, la séduction des sophismes d’une sauvagerie libérant et « justifiant » de nouveau sans vergogne le jeu barbare et mortifère de la destruction et des représailles, annihilant in fine notre humanité.

Si The Dissident participe à sa modeste échelle, à diffuser un peu de sens et d’humanité, un peu de vérité et de bonheur, nous n’aurons pas agi en vain. En espérant votre vigilance et votre plein soutien.

Très bonne année à vous toutes et tous et au plaisir de vous lire et/ou de vous revoir en 2018.

Rémy Degoul
Rémy Degoul, fondateur et directeur de publication de THE DISSIDENT, fondateur d’Europe Créative, administrateur de l’APCP- Association pour la création d’un Conseil de presse, ancien Administrateur du Fonds Européen pour la Liberté d’Expression, ancien président du COLISEE-Comité de Liaison pour la Solidarité avec l’Europe de l’Est.