Le nihilisme de notre temps

"Il est urgent pour nous de trouver dans Camus les possibilités de vivre et de penser en refusant les « crimes logiques » qui conduisent aux meurtres de masse et aux servitudes collectives." Photo Flickr/Patrick Marioné

"Il est urgent pour nous de trouver dans Camus les possibilités de vivre et de penser en refusant les « crimes logiques » qui conduisent aux meurtres de masse et aux servitudes collectives." Photo Flickr/Patrick Marioné

« En bref, c’est un problème de civilisation et il s’agit de savoir pour nous si l’homme sans le secours de l’éternel ou de la pensée rationaliste peut créer à lui seul ses propres valeurs. Cette entreprise nous dépasse tous infiniment. Je le dis parce que je le crois, la France et l’Europe ont aujourd’hui à créer une nouvelle civilisation ou à périr. […] Si l’époque a souffert du nihilisme, ce n’est pas en ignorant le nihilisme que nous obtiendrons la morale dont nous avons besoin.[1] »

Camus est notre contemporain. Son œuvre éclaire les ténèbres de notre temps. Dans l’éditorial de Combat du 3 novembre 1944, intitulé « Le pessimisme et le courage », Camus, en réponse à des auteurs démocrates-chrétiens qui condamnent les philosophies de l’absurde et du désespoir, accusées d’être à la source du nazisme, affirme qu’une « philosophie négative n’est pas incompatible, dans les faits, avec une morale de la liberté et du courage[2] ». Ce n’est pas en ignorant le nihilisme d’une époque que nous obtiendrons la morale et le courage politique dont nous avons besoin. C’est le diagnostic que je porte sur notre présent.

Ce diagnostic n’est en rien une pensée découragée. Camus l’affirme, notre actualité l’illustre : « L’idée qu’une pensée pessimiste est forcément découragée est une idée puérile[3] ». Les engagements d’un Camus, d’un Sartre ou d’un Malraux, de tous les écrivains de l’absurde et du désespoir, « embarqués » en haute mer en temps de crise, mettent en pièces cette naïve et hypocrite condamnation des bien-pensants et des conformistes. Les mêmes qui nourrissent les révoltes anticonformistes feignent d’oublier que l’amour de vivre est indissociable du « désespoir de vivre », de l’absurdité d’un monde qui ne répond pas à l’appel humain. C’est cette condition tragique de l’homme que les conformistes, comme les nihilistes, dissimulent sous leurs camisoles logiques.

Une révolte nécessaire

Aujourd’hui, dans le monde des ombres conformistes ou nihilistes – inséparables ennemies – règne la peur. Cette civilisation de la peur n’en finit pas de mourir ; elle dévoile une culture de la résignation et de l’ennui. Une civilisation qui fait de la politique une administration « réaliste » des humains, désabusée, cynique, froide et instrumentale. Camus nous alerte dans l’éditorial de Combat du 19 novembre 1946 sur ce « siècle de la peur ». Celui-ci succède au « temps du mépris », dans lequel l’Europe s’est déchirée, partagée entre les bourreaux et les victimes, écartelée entre le « réalisme politique » le plus attristant et le nihilisme abominablement meurtrier. Ce siècle n’en finit pas, il est encore, d’une certaine façon, le nôtre. C’est un siècle de la peur, dans lequel « la plupart des hommes sont privés d’avenir. Il n’y a pas de vie valable sans projection sur l’avenir, sans promesse de mûrissement et de progrès. Vivre contre un mur, c’est la vie des chiens.[4] »

Alors, si nous ne voulons pas qu’une fois encore la philosophie des Lumières aboutisse à l’Europe du couvre-feu, il est urgent pour nous, plus que jamais, de trouver dans Camus – l’œuvre autant que l’homme – les possibilités de vivre et de penser en refusant les « crimes logiques » qui conduisent aux meurtres de masse et aux servitudes collectives. À distance d’un réalisme naïf qui voit dans l’argent le moyen de guérir les maladies que la finance a pu produire, à distance des « idéologies meurtrières » qui nourrissent les terrorismes, il faut oser la révolte. Si « je me révolte, donc nous sommes[5] ». Cette révolte suppose plus qu’un simple refus, elle suppose le dialogue et l’amitié : « le révolté, au sens étymologique, fait volte-face. Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face. Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l’est pas. Toute valeur n’entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur.[6] » Aujourd’hui plus qu’hier nous réduisons la valeur au prix, à la mesure quantifiée, à la garantie des normes et des procédures. Notre morale est tarifée, pragmatique et utilitaire. Elle a perdu la « culpabilité raisonnable » chère à Camus. Elle rationalise ce qu’elle ne comprend pas. Elle remplace le projet par le calcul de probabilité, l’espoir par le programme. Elle manque d’indignation, donc de révolte.

"Nemesis", dessin de Catherine Vandamme.

« Nemesis », dessin de Catherine Vandamme.

La révolte est indignation, indignation juste et mesurée (Némésis) qui « se borne à refuser l’humiliation, sans la demander pour l’autre[7] ».

À l’origine du terrorisme

Il en va aujourd’hui comme hier, les porte-voix médiatiques des conformismes se refusent à lier les nihilismes actuels, de l’hypercapitalisme financier et des terrorismes, à l’hégémonie culturelle de notre temps. Je le souligne encore et encore[8], les nihilismes terroristes sont consubstantiels au néolibéralisme de l’époque, à son totalitarisme culturel, à sa géopolitique agressive, à l’obsolescence de l’humain qu’il produit. La pensée tiède préfère disséquer jusqu’à la nausée ce que les meurtres de masse, perpétrés au nom du djihadisme salafiste, doivent à une lecture rigoriste de l’islam. La question de savoir pourquoi une telle idéologie obscurantiste et réactionnaire, datant de plusieurs siècles, trouve aujourd’hui un terrain propice à sa diffusion et fournit un carburant révolutionnaire à toutes sortes de révoltes politiques, sociales et ontologiques, demeure à l’arrière-plan de la plupart des analyses. Nous ne sommes que quelques-uns, sans doute reliés par la pensée de Nietzsche et de Camus, à reconnaître à Daesh la fonction sociale et politique d’une révolution contre-révolutionnaire, née de l’échec des mouvements nationalistes ou marxistes d’émancipation tiers-mondistes.

Nous ne sommes que quelques-uns, sans doute reliés par la pensée de Nietzsche et de Camus, à reconnaître à Daesh la fonction sociale et politique d’une révolution contre-révolutionnaire

L’Occident préfère oublier sa participation à la fabrique de ce terrorisme accompli au nom du religieux. Il feint ironiquement d’oublier les alliances contre nature que, dans un passé récent, il avait pu contracter avec les islamistes pour combattre le communisme soviétique et freiner les tentations révolutionnaires des peuples dominés. L’Occident, les États-Unis en particulier, n’avaient pas hésité alors à favoriser l’enracinement religieux des révoltes tribales, claniques ou régionales. L’ennemi commun ayant disparu, les sectes terroristes se sont retournées contre ceux qui les avaient soutenues et armées. Le terrorisme s’est révélé comme un produit réactionnel de la politique pragmatique et cynique du monde occidental. Les terroristes sont venus par la suite recruter au sein des démocraties occidentales et des populations déracinées des chaos moyen-orientaux les mercenaires nihilistes dont ils avaient besoin. C’est la terrible sanction du cynisme américain. À la manière de Camus, nous pourrions dire : « N’attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours[9]. » Nier les conséquences morales et politiques de nos actes conduit, tôt ou tard, à en subir la sanction.

Intoxiqués par le « poison occidental »

Le désespoir et l’absurde de notre civilisation se trouvent de nouveau dénudés. La chute des idéaux convoque encore une fois le tragique[10] d’un monde tourmenté entre la volonté d’une raison individuelle de s’autodéterminer et le besoin d’un ordre divin soutenant les étoiles. Dans ce clair-obscur de la crise et de sa tragédie, Netchaïev[11] est de retour. Ce terroriste impitoyable a perdu son visage, et ses victimes.

À l’ère industrielle, la dépersonnalisation est de rigueur, le crime terroriste devient un produit de masse. Il se fabrique sur des chaînes de montage standardisées, à l’échelle d’une industrie mondialisée et connectée. Le nihilisme demeure. Déniant l’humanité des victimes, il s’exerce à l’ère de la reproduction technique en se parant des idéologies publicitaires du sacré. Il manifeste une indignation hémiplégique et n’accorde son humanité qu’à des individus certifiés, à des exemplaires dûment patentés de l’espèce. Ceux qui ne sont pas porteurs de la même marque qu’eux ne sont pas reconnus comme « humains ». Ils sont massacrés ou exploités en masse, de manière industrielle. L’industrie aime recycler les vieilles marques pour donner à son business la patine de noblesse et de sérieux dont la grande distribution est traditionnellement dépourvue. Le salafisme est une marque ancienne et honorable que toutes sortes de sectes peuvent recycler à leurs profits. Ces sectes terroristes n’ont plus qu’à emprunter à Hollywood les techniques de propagande et aux mafias russes et américaines leurs pratiques d’intimidation. C’est l’univers de Dostoïevski et de Camus revisité à la sauce Coppola.

Reconnaissons que l’univers de Dostoïevski dans Les Possédés et l’adaptation théâtrale réalisée par Camus sont proches de notre monde. Ils le révèlent. C’est mon analyse. Ces œuvres de fiction illustrent à chaque instant notre actualité, elles révèlent que « celui qui tue, ou veut tuer, ou laisse tuer, celui-là souvent veut mourir. Il est le compagnon de la mort.[12] » Aujourd’hui encore, « il est plus facile de couper des têtes que d’avoir des idées[13] ». Et celui qui ne peut aimer se voit condamné à haïr. Haïr les humains concrets et multiples, au profit d’un amour infini pour une transcendance qui lui sert de prétexte. Avec la transcendance on ne dialogue pas, on ne risque pas la contradiction. On croit se soumettre à sa volonté alors qu’on soliloque, on se fait ventriloque.

Les terrorismes appartiennent à leur époque, ils en sont les symptômes les plus obscènes

Aux massacres collectifs accomplis pour qu’advienne l’homme nouveau ou la race pure succèdent, à notre époque, les meurtres de masse pour le règne du califat. Cette passion pour l’homogène, pour « l’hommogène » dirais-je, est une haine de la vie, de l’humanité épanouie dans sa diversité. Cette infirmité, cette douleur de ne pouvoir aimer la vie et le vivant dans les multiples facettes de ses apparitions, de ses épiphanies, est commune à tous les nihilismes, à ceux que produisent l’hypercapitalisme comme les idéologies violentes qui veulent le détruire. Au nom de la race, de l’homme nouveau, de la communauté religieuse, ces nihilistes massacrent, détruisent jusqu’à ce qu’ils en viennent à se détruire eux-mêmes, accomplissant ainsi le désir d’anéantissement qui les anime. C’est pourquoi il nous faut les combattre, sans ignorer leurs sources, sans angélisme criminel non plus. Ce sont des génocidaires en puissance qui cultivent le fascisme originaire de tous les mouvements qui, haïssant la différence, récusent la possibilité d’aimer, le défi d’une « culpabilité raisonnable ». Leur violence sort des ténèbres de notre civilisation, puise au cœur de l’époque et de l’humain éternel l’énergie des forces de mort, d’anéantissement, la jouissance de Thanatos. Ce n’est pas de la religion, c’est de l’assassinat de masse. Zweig le rappelle en citant Michel Castellion : « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme.[14] »

Faute de pouvoir aimer, ces mouvements terroristes détruisent. C’est la réponse de Chatov à Stavroguine dans Les Possédés : « Vous ne pouvez aimer personne, puisque vous êtes un homme sans racines et sans foi. Seuls les hommes qui ont une racine dans une terre peuvent aimer, et croire, et construire. Les autres détruisent. Et vous, vous détruisez tout sans le vouloir et vous êtes même fasciné par les imbéciles comme Verkhovensky qui veulent détruire par confort, parce qu’il est plus facile de détruire que de ne pas détruire.[15] » Cette défaite du cœur et de l’esprit, de la morale et de la politique, passe par le chemin des civilisations nihilistes, entre l’injustice douloureuse et la démission résignée.

Alors, il faut une drogue. Une drogue dure qui anesthésie, ensorcelle, possède le cœur et le corps. L’idéologie peut faire l’affaire, on la deale aussi, comme le shit ou l’opium. La psychopathologie de ces « possédés » n’est plus à faire. Ils jouissent d’anéantir. Aussi faut-il les combattre à tout prix, les neutraliser dans leurs entreprises d’assassinats de masse, de crimes industrialisés, de mondialisation des meurtres fascistes. Mais je le répète, au risque de subir les foudres des bien-pensants, de leur tiédeur éthique, de leur mollesse politique : les terrorismes appartiennent à leur époque, ils en sont les symptômes les plus obscènes. Le grand historien Marc Bloch aimait à le répéter : « Les hommes ressemblent davantage à leur époque qu’à leur père. » Il nous faut donc faire l’inventaire et comprendre le désespoir latent, le nihilisme et l’absurde souterrains de la civilisation que ces crimes terroristes font apparaître, tant il est vrai que cette pathologie montre de manière obscène et pornographique la source du mal dont notre civilisation est atteinte. Ils sont, ces terroristes, et quels que soient leurs parures et leurs démentis, atteints, intoxiqués par le « poison occidental ». Celui dont parlait Camus à propos des romans de Malraux : « Le monde de Malraux est un monde d’orgueilleux, je veux dire d’Européens. Ses hommes sont intoxiqués du poison occidental : la croyance à l’individu. C’est à grands frais qu’ils raffinent sur leurs personnalités. L’Occident les a touchés et avec lui le désespoir inséparable de sa destinée, Malraux a compris ce désespoir latent.[16] » Je pourrais montrer comment, malgré les apparences et derrière la revendication communautaire qui fait fi, haut et fort, de l’individualisme occidental, se manifeste une intoxication des masses par le « poison occidental ». Ce serait trop long. Disons simplement, qu’hier, la nation ou la race pouvaient faire l’affaire pour masquer le vide ontologique et politique de notre civilisation. Aujourd’hui, c’est le motif religieux qui est poussé en avant pour faire parure à la désolation des masses et des individus désespérés.

L’art comme rempart

Nous sommes, de nouveau, au temps des passions tristes, celles de la haine et de la servitude, que la « lumière sèche » et la « pensée de Midi », affectionnées par Camus, ne sont pas encore parvenues à guérir des maladies de la culture. Comme Camus l’écrivait à René Char : « la vérité est qu’il faut rencontrer l’amour avant de rencontrer la morale[17] ». Et notre époque offre si peu d’occasions d’aimer. Elle dégouline parfois de propos empathiques et compassionnels. L’empathie et la compassion, notions molles et tièdes de l’amour refroidi, de l’identification affaiblie, et qui peinent à masquer ce que l’époque doit à la haine et au mépris, à l’indifférence et au calcul de probabilités. Alors, comment vivre dans un monde d’ombres ? Dans un monde où la charité s’épuise à remplacer la justice et la générosité ? Camus a publié Simone Weil. Il a sans doute reconnu dans l’œuvre de cette « vierge rouge » – comme l’avait surnommée Sartre – ce souci de la « mesure » qui ne s’arrête pas à arpenter la matière, quantifiée et exploitée, mais se lève d’abord à l’aube d’un apprentissage de la vertu. Camus comme Weil ont trouvé cette piété pour un humanisme sensible dans l’héritage de la culture grecque. Cette culture qui fût capable d’accueillir la raison sans renoncer pour autant « aux droits de la pensée humiliée », à cette folle du logis qu’est l’imagination. À cette condition d’en retrouver l’audace, nous pourrions parvenir de nouveau à donner une forme à notre destin. Nous n’avons pas d’autre choix que de devoir créer, car « l’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est. La question est de savoir si ce refus ne peut l’amener qu’à la destruction des autres et de lui-même. Si toute révolte doit s’achever en justification du meurtre universel, ou si, au contraire, sans prétention à une impossible innocence, elle peut découvrir le principe d’une culpabilité raisonnable.[18] »

comment vivre dans un monde d’ombres ? Dans un monde où la charité s’épuise à remplacer la justice et la générosité ?

Les temps modernes, avec ou sans Dieu, exacerbent la fatalité et la damnation : « Ils admettent le péché et refusent la grâce. Soif du martyr[19] », note Camus. Les ombres exigent le sang des innocents pour paraître exister. Ils existent sans penser. La récitation leur tient lieu de pensée, le communiqué remplace le dialogue. C’est l’époque qui veut ça. L’époque de la publicité et de la propagande. C’est le noyau « fasciste[20] » de notre civilisation, celui qui nous délivre de la vérité « assommante » des faits en échange de la servitude collective. Ce qui fait dire à Jean-Baptiste Clamence, le juge-pénitent de La Chute : « Nous sommes devenus lucides. Nous avons remplacé le dialogue par le communiqué[21] ».

Alors, que faire ? Comment admettre et combattre à la fois les nihilismes de notre temps ? Peut-être faut-il pouvoir, à la manière de Walter Benjamin, « dépasser la négativité du monde par le désespoir de l’imagination ». C’est la voie que trace Camus dans La Chute lorsqu’il montre que la seule chose qui échappe au poison de la civilisation mécanique et à la violence de la culpabilité, à la duplicité et au mensonge, c’est l’art. Le « prophète vide pour temps médiocres » qui s’accuse « pour mieux accuser les autres » ne sauve son humanité qu’en prenant soin du tableau Les Juges intègres de Van Eyck. L’art soigne la « culpabilité raisonnable », faute de quoi « nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison, que ce soit dans leurs machines ou dans leurs idées. Et pour tous ceux qui ne peuvent vivre que dans le dialogue et dans l’amitié des hommes, ce silence est la fin du monde.[22] » Camus est plus que jamais d’actualité.

[1] Albert Camus, 1944, éditorial du 3 novembre 1944 de Combat, in À Combat, Paris, Gallimard Folio Essais, 2002, p. 322.

[2] Ibid., p. 323-324.

[3] Ibid., p. 323.

[4] Albert Camus, 1946, éditorial du 19 novembre 1946, in À Combat, Paris, Gallimard Folio Essais, 2002, p. 636.

[5] Albert Camus, 1951, L’Homme révolté, Paris, Gallimard.

[6] Ibid., p. 28.

[7] Ibid., p. 33.

[8] Roland Gori, 2016, L’Individu ingouvernable, Paris, Actes Sud Babel, 2017 ; Un monde sans esprit. La fabrique des terrorismes, Paris, Les Liens qui libèrent (LLL), 2017.

[9] Albert Camus, 1956, La Chute, Paris, Gallimard Folio, 2010, p. 118.

[10] Albert Camus, 1955, « Sur l’avenir de la tragédie », Œuvres Complètes III, 1949-1956, p. 1 117-1 127.

[11] Netchaïev était le chef d’une organisation terroriste qui assassina pour insoumission, le 21 novembre 1869, l’étudiant Ivanov de crainte qu’il ne révèle leurs projets d’attentat. Dostoïevski s’est inspiré de ce fait historique, révélateur du nihilisme russe des mouvements de l’époque, pour écrire son roman Les Possédés (ou Les Démons) que Camus a adapté au théâtre. Ce dernier considérait ce roman comme l’une des plus grandes œuvres de la littérature, et il dit s’en être nourri et formé pour sa propre philosophie. Albert Camus, Les Possédés (1959), Paris, Gallimard, 1984.

[12] Albert Camus, Les Possédés, Gallimard, 1959, p. 100.

[13] Ibid., p. 75.

[14] Stefan Zweig, 1936, Conscience contre violence, Paris, Le Livre de poche, 1976, p. 206.

[15] Albert Camus, Les Possédés, op. cit., p 86.

[16] Albert Camus, 1934, Correspondance (1941-1959) et autres textes, Albert Camus et André Malraux, Paris, Gallimard, 2016, p. 75.

[17] Lettre de Camus à Char du 7 novembre 1949, in Correspondance (1946-1959), Albert Camus et René Char, Paris, 2007, Gallimard Folio, 2017, p. 53.

[18] Albert Camus, 1951, L’Homme révolté, op. cit., p. 24.

[19] Albert Camus, 1951-1959, Carnets III, Paris, Gallimard, 1989, p. 62.

[20] Umberto Ecco, 2010, Reconnaître le fascisme, Paris, Grasset, 2017.

[21] Albert Camus, 1956, La Chute, Paris, Gallimard Folio, 2010, p. 50.

[22] Albert Camus, éditorial de Combat du 19 novembre 1946, op. cit., p. 639.

Roland Gori
Roland Gori est psychanalyste et professeur honoraire de psychopathologie à l'université d'Aix-Marseille. Il est notamment l'auteur de "L’Individu ingouvernable" (Les Liens qui Libèrent, 2015) et plus récemment "Un monde sans esprit. La fabrique des terrorismes" (Les Liens qui libèrent, Paris, 2017).

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