High noon, un film contre la lâcheté

En 1952, le film High noon (Le train sifflera trois fois) raconte l’histoire, presqu’en temps réel, du shérif Will Kane qui, alors qu’il prévoyait de se retirer de sa fonction pour monter un commerce, décide finalement de rester aux affaires le temps d’affronter un bandit, Franck Miller, qui lui en veut personnellement. Will Kane tente alors de recruter des hommes pour accueillir le gangster lorsqu’il fera irruption en ville, mais tous se trouvent une bonne excuse pour ne pas risquer leur peau.

Le shérif Kane se résout finalement à affronter seul Franck Miller et ses complices. Allégorie de la «chasse aux sorcières » du sénateur McCarthy, ce film réalisé par Fred Zinnemann, un cinéaste d’origine autrichienne qui a fui le nazisme, dénonce la lâcheté des habitants lorsqu’il s’agit de s’engager pour affronter de sérieux problèmes. « To be high noon » est d’ailleurs devenu aux Etats-Unis une expression signifiant « se retrouver seul face à une situation périlleuse », reprise notamment par George W. Bush lorsque les Européens l’ont laissé partir seul en guerre contre Saddam Hussein.

Le film, culte à la Maison blanche, aurait été visionné, selon le Los Angeles Times, une vingtaine de fois par Bill Clinton, au moins trois fois par Dwight « Ike » Eisenhower, et a même été repris par Lech Walesa pour une affiche électorale du Solidarność lors des premières élections libres en Pologne communiste, en 1989.

The Dissident
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