Kalvin Soiresse Njall, la lutte contre le racisme en Belgique

Kalvin Soiresse Njall au micro de Radiocampus.

Kalvin Soiresse Njall au micro de Radiocampus.

Contributeur de The Dissident, l’écrivain et journaliste belge Kalvin Soiresse Njall a lancé en 2012 l’initiative Mémoire coloniale et lutte contre les discriminations. État des lieux sur ce collectif qui repense les modalités de l’antiracisme en Belgique.

The Dissident : Pouvez-vous rappeler votre parcours?

Kalvin Soiresse Njall : Je suis arrivé en Belgique il y a dix ans, en 2004, à l’âge de 22 ans. Je suis Belge, d’origine togolaise. J’ai commencé mes études de droit au Togo, suivi d’ un master en sciences politiques en Belgique. J’ai ensuite travaillé deux ans à l’équivalent du MRAP, le MRAX (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie) Je suis enseignant et journaliste sportif pour BBC Afrique. J’anime sur des radios telles que Radio Campus Bruxelles et l’émission africaine « Sous l’arbre à palabres ». J’ai également publié deux livres et participé à un ouvrage collectif de poésie. Enfin, je suis coordinateur du collectif Mémoire coloniale et lutte contre les discriminations http://www.memoirecoloniale.be/#!qui-sommes-nous/csgz , un noyau d’une quinzaine de personnes qui rassemble 140 associations africaines dont certaines ont 20 ans.

Pourquoi avoir quitté le MRAX pour fonder ce collectif ?

Le MRAX est censé rassembler la diversité de la société belge en terme de lutte contre le racisme. J’étais chargé de piloter le groupe de travail luttant contre les discriminations vis à vis des noirs. Il y a eu des conflits internes liés à l’orientation politique du mouvement. Les associations africaines ont décidé de quitter cette organisation et de créer ce collectif Mémoire coloniale piloté par elles-mêmes pour lutter pour les questions de mémoire et de discrimination. Si on compare à la France, nous ne sommes qu’au début de ce travail.

Cela fait penser aux clivages français entre des associations anti-racistes, comme SOS Racisme et les Indivisibles.

Pour comprendre le contexte belge, il faut remonter à la fin de la Seconde guerre mondiale. Des Juifs communistes ont décidé d’introduire la lutte anti-raciste en Belgique en créant le MRAX. Pendant longtemps ce mouvement a été dirigé par des gens de la classe bourgeoise : plutôt des hommes blancs, la cinquantaine, avocats, professeurs d’université… Les fondateurs n’envisageaient pas le MRAX de cette manière. Ils voulaient amener les victimes de discrimination, les populations issues des migrations ouvrières turques et maghrébines arrivées dans les années 70, les étudiants subsahariens de la fin des années 50. Il y a eu un premier électrochoc en 2001 à la conférence de Durban contre le racisme. Le MRAX a été critiqué en Afrique du Sud parce qu’on leur a dit qu’on ne voyait pas les victimes de discrimination parmi les dirigeants de ce mouvement. Quand ils sont rentrés, ils ont décidé de faire une ouverture vers la minorité maghrébine qui était la plus revendicative à l’époque. Ils ont décidé de recruter des jeunes d’origine étrangère, notamment Maghrébins et Turcs, mais aussi des homosexuels.

En 2004, beaucoup de jeunes d’Afrique du nord sont arrivés dans le mouvement. Radouane Bouhlal, un jeune maghrébin homosexuel, était censé lui donner un nouveau souffle. Sauf qu’il en a fait un fond de commerce en voulant être le champion de l’islamophobie vis à vis de sa communauté, mais aussi de la sphère politique. Quand j’y étais de 2010 à 2012, j’ai constaté une profonde instrumentalisation par un parti politique. À partir de 2008, comme il était très contesté, le MRAX s’est ouvert aux associations noires. On leur a fait beaucoup de promesses qui n’ont pas été tenues. Nous avons été licenciés avec mon ancien collègue, délégué syndical d’origine sénégalaise. Comme nous n’avons pas accepté d’être instrumentalisés, nous sommes entrés en conflit ouvert. C’est ainsi que nous avons quitté le MRAX, qui est actuellement dans une position très délicate financièrement et politiquement. Le mouvement a perdu beaucoup de ses soutiens auprès de l’intelligentsia politique et de sa base de militants anti-racistes.

Dans vos travaux avec le collectif Mémoire coloniale et lutte contre les discriminations, vous traitez essentiellement de la négrophobie.

Nous prenons position sur toutes les formes de racisme. Nous donnons notre expertise sur la question de la négrophobie parce que c’est sur ce racisme que nous sommes les plus compétents. La question de la mémoire coloniale et de l’esclavage appartient à l’ensemble des Belges et des Européens. Cela représente un siècle d’Histoire de la Belgique. J’enseigne dans une province assez aisée, à Athénée royal De Nivelle dans le Brabant Wallon, et je me suis rendu compte que mes élèves ne connaissent pas du tout cette Histoire. La question de l’esclavage et de la colonisation touche en premier lieu les victimes et descendants de victimes de ces faits historiques : les Africains.  Mais les discriminations touchent tout le monde. Nous accueillons au sein du collectif des personnes de toutes origines.

 

Comment vous financez-vous ?

C’est notre talon d’Achille. Nous aimerions avoir une structure fédérale pour que ce ne soit pas communautarisé en fonction des régions, comme on le voit en Belgique. Il y a des différences de fonctionnement entre l’Afrikaans platform en Flandres qui a des employés, des locaux, des moyens, et du côté francophone des associations africaines qui ne sont pas du tout financées et reposent sur du bénévolat. On demande un financement par la communauté elle-même. Le problème c’est que, contrairement en France, les Africains sont arrivés dans les années 50 avec un but intellectuel pour combattre les dictatures, avec le mythe du retour. Au début des années 90, ces derniers ont pris conscience que leurs enfants grandiraient ici et qu’ils ont pris du retard dans leurs revendications sociales. Les gens de la communauté africaine préfèrent donner aux églises plutôt qu’aux associations anti-racistes.

Quels sont vos objectifs ?

En France, le débat porte sur la justice et la réparation. Ici, nous n’en sommes qu’à la reconnaissance. Nous avons décidé de diversifier notre lutte. Faire du lobbying politique. Être beaucoup plus actif sur le terrain. Quand le collectif est né en 2012, nous avons  envoyé aux partis politiques un mémorandum, sur la base d’études scientifiques, pour qu’ils prennent conscience de la réalité des choses. Nous continuons le lobbying politique et auprès de la société civile. Nous sommes sur la bonne voie. On a longtemps reproché aux associations africaines de ne pas avoir de preuves des discriminations, du lien entre les préjugés, la propagande coloniale et les discriminations que subissent les noirs aujourd’hui. Lors de notre colloque fondateur, nous avons publié des actes sur ce thème avec nos invités Elikia M’Bokolo et Antoine Tshitungu, un expert de la mémoire et des fonctionnaires de l’enseignement. C’était une première en Belgique.

Quels sont vos rapports avec le controversé Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren ?

Ce musée était fortement critiqué. Les touristes anglais et américains étaient assez ébranlés par le côté propagandiste en faveur de la colonisation de l’établissement : l’architecture, la manière tendancieuse d’exposer les pièces. Les associations africaines sont restées en marge parce qu’elles ne s’y retrouvaient pas. Les Africains refusaient même d’y mettre les pieds. Nous avons décidé de changer la donne. Il y a eu des contacts avec le musée. En voyant cette mobilisation associative, les nouveaux dirigeants, arrivés il y a dix ans, ont estimé qu’il y avait une nouvelle image à apporter au musée. Il existe aujourd’hui un comité consultatif de ce qui va se faire dans l’établissement. Sous la pression des associations africaines, le musée a décidé de fermer et de se rénover complètement sur la forme et le fond, en vue d’une réouverture en 2017. Une reconstruction sur laquelle nous somme régulièrement consultés.

Pendant longtemps, le patrimoine historique colonial a été laissé à l’abandon. Après 1960, la Belgique a été frappée d’amnésie concernant cette Histoire oubliée. On a essayé d’effacer de la mémoire tous les bâtiments, les statues, les infrastructures qui étaient liées à la colonisation. Notre collectif organise des « visites guidées anti-coloniales » .Une fois par mois, on invite le public à parcourir la ville de Bruxelles en faisant une déconstruction des stéréotypes. Nous sommes agréablement surpris d’y voir des personnes de toutes origines et de tous âges qui comprennent très bien notre message. Des gens sont venus de l’extrême est du pays, à la frontière allemande, pour assister à la visite. Il y a des francophones, des flamands, des germanophones, des Noirs, des Blancs, des Asiatiques… Les gens ont été privés de cette Histoire. Ils nous disent souvent : « À l’école secondaire, on ne m’a jamais appris ça. » C’est une Histoire qui fait un peu honte et qui fascine. Lors de la première visite, nous avons été débordés. Plus de 350 personnes se sont inscrites. Il a fallu les répartir sur différentes visites. Aujourd’hui, une visite rassemble entre 30 et 40 personnes.

Quelles sont vos autres initiatives ?

Avec nos partenaires, nous animons une conférence formation mensuelle au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles sur les humanités classiques africaines. À travers ce cursus, on invite les gens à découvrir l’Histoire pré et post-coloniale de l’Afrique. On fait aussi des animations dans les écoles, les universités, les mouvements de jeunesse, sur toutes sortes de questions sur la mémoire et les discriminations.

Dans le cadre du Centenaire de la guerre 14-18, on a soutenu une exposition menée par Lucas Catherine, un Bruxellois Flamand issu d’une famille anti-colonialiste. Il a été le seul historien de ce pays à s’intéresser au patrimoine colonial. Rien n’a été fait officiellement pour souligner le combat des soldats congolais sous drapeau belge. Ils ont pourtant défait les Allemands au Cameroun, en Tanzanie, au Rwanda, au Burundi et à l’est du Congo, et ont ramené ces colonies dans le giron de la France et de la Grande-Bretagne. Tous les officiers étaient des Blancs. Les hommes de troupe sur le terrain étaient des Noirs congolais. Ils ont contribué à cette Histoire de la Première guerre mondiale.

 

Votre collectif s’est aussi mobilisé pour réhabiliter Patrice Lumumba, figure des indépendances africaines, assassiné en 1961.

Une action visant à obtenir une place Patrice Emery Lumumba à Bruxelles a été initiée par 20 personnalités de la société civile. Ce sont les communes qui décident des noms de lieux. Patrice Lumumba est une figure controversée. On le présente comme quelqu’un de violent, qui a fait du mal à la Belgique. Pour nous, descendants d’Africains, c’est un véritable héros. Beaucoup de Belges nous soutiennent et reconnaissent que cet homme a lutté pour la liberté. Que c’est l’un des plus grands hommes politiques du XXe siècle. En 2011, une grande marche a rassemblé des milliers de personnes pour réclamer la justice et la vérité. Malgré la commission d’enquête parlementaire, qui s’est tenue en 1999, il y a encore des zones d’ombre. La famille Lumumba a porté plainte en 2010 contre huit personnalités belges encore vivantes. La plainte est toujours pendante au Tribunal de première instance de Bruxelles.

Ce collectif initié par le Comité d’annulation de la dette du Tiers-monde est tombé en désuétude quand sa coordinatrice française a quitté la Belgique. On a décidé de prendre le relais. Une nouvelle initiative a appuyé la demande. Le conseil communal d’Ixelles, l’équivalent du conseil municipal en France s’est penché sur la question. Le symbole était fort car le premier quartier africain de Bruxelles, Matonge, est à Ixelles. Nous avons demandé que la place Saint-Boniface, très connue des Africains, se voit attribuer le nom de Lumumba. Les libéraux du Mouvement réformateur (MR), l’équivalent des Républicains en France, se sont fortement opposés au projet. Dans ce parti, il y a des descendants du grand capital colonial. Pour eux, le nom de Lumumba est synonyme d’insulte. Les enfants et petits enfants de ceux qui ont essayé de corrompre Lumumba à l’époque, sont dans ce parti politique. Ce sont eux qui dirigeaient les grandes entreprises minières et qui avec l’aide de la CIA, de la France et de Mobutu, ont fait assassiner Lumumba. Il y a eu un débat houleux. Nous nous sommes appuyés sur un de nos frères conseiller municipal d’origine sénégalaise, Ken N’Diaye, pour défendre la motion.

Malheureusement, celle-ci n’est pas passée parce que le MR a poussé sa majorité à rejeter cette requête, en utilisant la technique du « diviser pour mieux régner ». C’est une conseillère municipale d’origine burkinabé, Assita Kanko, que le MR a mise en avant pour s’opposer au projet. Paradoxalement, cette dame se réclame du sankarisme. Elle a pris des positions très limites sur l’intégration.

Où en est le racisme aujourd’hui en Belgique ?

Il y a une libération de la parole raciste. La Wallonie-Bruxelles du pays est fortement influencée par ce qu’il se passe en France. Ce sont des gens qui regardent TF1, France 2, tous les débats français. En Belgique, il n’y a pas de chaînes d’information en continu. Les débats sur Dieudonné, l’exposition Exhibit, les propos d’Eric Zemmour, ont influencé de nombreux Belges. Culturellement, les Flamands n’ont pas la même idée de la question ethnique et communautaire. Ils ont une vision plutôt anglo-saxonne. Ils financent les communautés. Mais en Flandres comme dans l’ensemble du pays, la droitisation de l’espace politique a accentué la négrophobie. Le parti politique flamand du « Vlaams Belang » flirte avec l’extrême-droite, raciste, antisémite, homophobe. Ce parti, qui a eu du succès en Flandres, s’est reporté à la N-VA qui est un parti de droite dure qui a des amitiés avec le Front national français. Le président de ce parti est devenu maire d’Anvers, deuxième ville du pays. À son arrivée au pouvoir, il a coupé dans les budgets sociaux et culturels en sachant que la majorité des citoyens d’origine étrangère d’Anvers travaillent dans ces secteurs. Beaucoup d’entre eux ont perdu leur emploi. Le budget consacré à l’égalité des chances a été raboté. La N-VA est contre la loi anti-discrimination votée en Belgique en 1981. Un de leur dirigeants l’a dit clairement… alors qu’ il a été nommé administrateur du Centre interfédéral contre le racisme financé par l’État.

Contrairement à l’islamophobie qui est très voyante, la négrophobie est plus insidieuse. Le Centre interfédéral contre le racisme a fait un dossier en 2011. Cette année a été décrétée par l’Assemblée générale des Nations-Unies comme année des afro-descendants, en partant du constat qu’on ne les mettait pas assez en valeur. À part ce dossier, rien n’a été fait en Belgique. Certains Belges conçoivent les Noirs comme joviaux mais paresseux, tout le temps en retard, portés sur leur apparence. Le Noir est gentil. S’il reste à sa place, c’est bon. Alors que les Arabes sont considérés comme des gens vindicatifs. Ce paternalisme fait que quand nous nous exprimons, certains politiciens ne nous prennent pas au sérieux.

Concrètement qu’avez-vous constaté sur le terrain en terme de racisme ?

Au MRAX, j’ai traité le cas d’un plaignant d’origine togolaise qui avait postulé dans un centre d’appel. Le recruteur a estimé qu’il avait un accent trop africain et que les Belges refuseraient de répondre. Alors que ce qui est exigé, c’est de parler de manière claire et intelligible. Ce qui était le cas. J’ai appelé le même numéro que le plaignant en prenant un accent africain. La dame m’a dit que ça ne marchait pas. Mon collègue blanc qui parlait avec un timbre occidental a eu un rendez-vous immédiatement pour prendre le poste. En rappelant avec un accent occidental, j’ai aussi eu un rendez-vous. On a confronté ces faits aux dirigeants de l’agence d’intérim qui ont reconnu leurs torts, indemnisé le plaignant et lui ont proposé un poste. Ils ont accepté d’accompagner notre lutte contre les préjugés à travers un programme de travail.

Nous avons aussi été interpellés par un plaignant d’origine rwandaise qui a répondu à une annonce de location d’appartement. La propriétaire lui a dit que c’était déjà pris. Le lendemain, il s’est rendu compte que l’annonce était toujours en ligne. On a appliqué le même principe avec mon collègue blanc. Ce dernier a obtenu un rendez-vous et pas moi.

Après mon master en sciences politiques, j’ai postulé dans un cabinet politique. Mon entretien d’embauche s’est bien passé. Le chef de cabinet a apprécié mon CV et m’a dit que je serais contacté dans deux jours pour le contrat. J’ai attendu des semaines et relancé à plusieurs reprises. Plus d’un mois s’est écoulé avant que je ne reçoive un courrier disant que mon profil ne correspond pas à la fonction. J’ai mené mon enquête et appris plus tard auprès d’amis liés à ce parti qu’on avait choisi une autre personne d’une autre couleur de peau et issu d’un milieu social aisé. Je me suis demandé si c’était du racisme ou du favoritisme.

En 2011, il y a eu des manifestations réunissant plus de 7000 personnes à Matonge pour contester les résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo. La diaspora africaine a estimé que la Belgique favorisait la fraude électorale. J’ai reçu de nombreuses plaintes de Guinéens, Camerounais, Congolais, qui pendant la semaine de manifestations ont subi des insultes racistes, des coups, des gaz, et à qui on a dit : « Rentrez chez vous au lieu de foutre la merde en Belgique ! »

De quoi parle votre recueil de nouvelles « Belzébuth, sa maîtresse belge et le sans-papiers » publié en 2014 aux éditions du Mandé?

Je l’ai écrit dans un accès de colère. Quand Eric Besson a conceptualisé le mariage gris en France, le Mouvement réformateur a voulu l’inscrire dans la loi belge. Que les municipalités enquêtent sur les sans-papiers qui tromperaient leur conjointe pour avoir des papiers. L’entreprise de stigmatisation n’a pas marché à cause de l’opposition du centre-gauche. Cela traite de la façon dont les sans-papiers quittent leur pays mais aussi de leurs conditions de vie ici, de la manière dont ils se débrouillent. La question des sans-papiers s’est durcie car la Belgique est rentrée dans le mouvement européen de droitisation.

Il y a quelques années, il y avait des régularisations au cas par cas. Depuis l’arrivée de la ministre Maggie De Block, populaire auprès de la droite flamande, les régularisations ont été fortement réduites. Elle a même fait des voyages auprès des chefs d’État africains pour inciter à ne pas venir en Belgique. Elle a eu un refus cinglant du président guinéen Alpha Condé qui a fait du bruit. Il a dit que quand les occidentaux viennent en Afrique, on ne leur impose pas des tracasseries administratives. Un ministre du parti N-Va est connu pour ces liens avec les collaborationnistes de la Seconde guerre mondiale. L’opposition a demandé sa démission. Ce ministre, Theo Francken, a pris une décision scandaleuse d’un droit de régularisation payant. On a fait croire aux Belges qu’il n’y a pas d’autres solutions que l’expulsion manu militari des sans-papiers par charters. C’est une politique électoraliste, sans humanité que je dénonce dans ce recueil.

Julien Le Gros
Julien Le Gros est un journaliste indépendant, spécialisé sur les cultures d'Afrique. Il a notamment écrit pour Jazzman - Jazz magazine, Afriscope, Mondomix... mais aussi sur Internet avec Africultures, Mondafrique, Tribune 2 l'artiste, International Hip Hop. Il a fait des reportages au Kenya, Cameroun, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Sénégal et récemment en Guinée Conakry sur le virus Ebola.