Réfugiés : « Nous avons dû brûler des vêtements pour nous réchauffer »

Réfugiés syriens à la gare de Vienne, septembre 2015 - (c) Flickr/Josh Zakary

À Lebach, en Allemagne, plus de 3500 réfugiés vivent aujourd’hui dans un camp d’accueil. Qui sont-ils ? Quels sont leurs trajectoires, leur quotidien, leurs espoirs ? The Dissident est allé leur poser la question.

Lebach, ouest de l’Allemagne. C’est ici, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière franco-allemande, que vivent aujourd’hui plus de 3500 réfugiés. Majoritairement originaires de Syrie, parfois venus du Ghana, de Somalie, de Macédoine ou d’Albanie, ils sont hébergés dans l’ancienne caserne militaire de la ville, transformée en centre d’accueil.

Comme ailleurs en Sarre (l’un des seize landërs allemands), ces camps sont constamment surveillés par la police et l’armée, qui craignent les actions d’activistes anti-immigration. Déracinés, isolés, les réfugiés constituent en effet une proie facile. Y compris pour des groupes extrémistes qui en profitent pour faire du prosélytisme, comme nous l’explique une famille kurde sous couvert d’anonymat. De quoi compliquer un peu plus le quotidien de ces hommes et ces femmes qui oscillent entre soulagement, regrets et espoir…

 

Le seul land de la Sarre accueille aujourd’hui 10 000 migrants, dont plus d’un tiers vivent à Lebach. À leur arivée ? Il faut compter « entre trois et quatre semaines » pour répartir les réfugiés dans les différentes communes, explique Stephan Kolling, secrétaire d’État à la famille, aux affaires sociales et à la santé du Saarland. Passé ce délai, « il revient aux communes de les prendre en charge et de leur fournir des habitations correctes, mais aussi de les intégrer à la société ».

Malgré les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés ces immigrés, la Croix Rouge est ainsi présente à Lebach, où un centre médical a été inauguré. Des cours de langue allemande sont par ailleurs proposés dans les universités, et les inscriptions – notamment en ingénierie – sont facilitées pour les réfugiés, qui peuvent passer les tests d’entrée en arabe.

De fait, la politique de l’Allemagne est claire : ces réfugiés sont « des nouveaux ressortissants (…) qui ont de grandes chances de rester », estime Stephan Kolling, qui se dit « heureux de les accueillir et de les intégrer. » D’autant que le pays a « besoin de main d’œuvre sur le marché du travail, dans tous les domaines », rappelle le secrétaire d’État.

(Reportage vidéo réalisé en partenariat avec Mosaïk TV)

Fatma-Pia Hotait
Fatma-Pia est diplômée l'ESJ-Paris. Benjamine de l'équipe, elle est bien décidée à faire évoluer les choses. Aujourd'hui, elle jongle entre ses études de master franco-allemand et sa passion : être la voix de ceux qui n'en ont pas.

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