Attentat en Tunisie : les Tunisiens prennent la parole

La Tunisie restera debout. Photo DR

La Tunisie restera debout. Photo DR

Une semaine après l’attentat de Sousse, en Tunisie, The Dissident ouvre ses colonnes au dessinateur  tunisien Tawfiq Omrane. Vous trouverez ici plusieurs contenus qu’il a sélectionnés dans les médias tunisiens afin d’alimenter le débat. Envie de réagir, de répondre, d’échanger ? Vous pouvez envoyez votre constructive contribution à contact@the-dissident.dev, ou nous en faire part dans les commentaires.

Après l’attentat du Bardo (24 victimes), celui de Sousse (38 victimes). En visant  deux pôles touristiques majeurs de la Tunisie, les terroristes révèlent leur stratgéie : écraser le tourisme, et avec lui l’économie tunisienne. Ils mènent ainsi une tactique diabolique pour créer le chaos dans le pays. D’après le Traité de La Gestion de la Barbarie (source d’inspiration de Daech) d’Abu Bakr Naji, le chaos est justement une étape importante pour s’emparer du pouvoir et instaurer un califat islamique à portée mondiale…

Titre : Le Ministre de l'Intérieur reproche aux terroristes, leur "tactique" ! Bulle : "Ils attaquent d'une façon perfide". Médaillon : "La prochaine fois on vous envoie un SMS".

Titre : Le Ministre de l’Intérieur reproche aux terroristes, leur « tactique » !
Bulle : « Ils attaquent d’une façon perfide ».
Médaillon : « La prochaine fois on vous envoie un SMS ».
Caricature Tawfiq Omrane

Khadija Moalla : Attentat de Sousse, nous sommes tous responsables ! (Source : Leaders.com)

« Quelqu’un doit mettre un terme à tout le langage de haine confessionnelle propagé dans la région, sinon chaque nouvelle journée va continuer à nous apporter des meurtres confessionnels, d’enfants, de femmes et d’hommes innocents, les plus insensés ».

L’attentat de Sousse, comme tous les attentats qui l’ont précédé, remet sur le tapis une question cruciale, qu’il va falloir résoudre si nous voulons sortir du piège terroriste : « Qui est responsable d’arrêter le terrorisme en Tunisie ? ».

Ma réponse est simple : nous sommes tous collectivement responsables d’arrêter le carnage !

Il y a plusieurs niveaux et échelles de responsabilité : responsabilité de chaque individu, chaque famille, chaque professionnel, chaque membre du gouvernement, chaque policier, soldat, parlementaire, chaque magistrat, chaque politicien, etc.

Le fléau qui s’est développé en Tunisie, ces trois dernières décennies, est le manque flagrant de la majorité d’assumer ses responsabilités. En effet, la responsabilité est devenue quelque chose à éviter, ce qui a généré une insouciance suicidaire à l’échelle de toute une nation. La majorité a adopté l’attitude de : « Je ne suis pas responsable » et de jouer le rôle de victime, faisant endosser 100% de la responsabilité aux autres. Par exemple, c’est la responsabilité des autres de nous trouver du travail, de ramasser nos ordures, d’assurer notre sécurité sur les routes et de nous protéger des terroristes. Au lieu d’être un peuple conscient, assumant notre part de responsabilité dans tous les domaines de la vie sociale, nous sommes devenus des personnes assistées vivant sous la dépendance du bon vouloir de ceux qui nous assistent.

Une nouvelle interprétation du concept de responsabilité nous offre le moyen d’agir efficacement face à la majorité des défis sociaux et engendrant l’amélioration continue de notre performance. Il est évident que nous ne pouvons pas forcer un individu à se sentir responsable, c’est un choix personnel et une attitude qu’en général, seules les personnes mûres préfèrent adopter. D’ailleurs, la maturité devrait être, désormais, mesurée au degré de responsabilité que chaque personne voudra ou non adopter.
Il est donc très urgent de réapprendre au Tunisien à être responsable de sa vie, de sa protection, bref de son bonheur tout en assurant l’existence d’un environnement qui offre les mêmes chances et opportunités à tous. Ainsi, la meilleure stratégie pour sortir du bourbier terroriste serait que nous adoptions tous une attitude responsable qui peut se manifester de plusieurs manières, en voici quelques exemples :

  1. Le terrorisme est devenu une culture et il faut adopter une stratégie qui le traite en tant que tel et non pas en tant que crimes séparés.
  2. Les familles doivent se sentir à 100% responsables des actes de leurs enfants. Elles devront alerter une équipe pluridisciplinaire (à mettre en place par le gouvernement) de n’importe quel changement qu’elles voient s’opérer chez leur enfant.
  3. Fermer aujourd’hui toutes les mosquées, écoles coraniques, télévisions, radios, réseaux sociaux et n’importe quel média qui ose propager des idées extrémistes.
  4. La population en entier doit être vigilante et signaler n’importe quel fait qui paraît suspect. Rappelons que : « La vigilance est le prix de la liberté » (Jefferson).
  5. Des sessions de sensibilisation systématiques dans les écoles, lycées et universités aux dangers de l’endoctrinement dont peut être victime n’importe quel jeune.
  6. Responsabiliser la police afin de ne jamais laisser aucune plainte déposée de risque d’attentat, sans la vérifier et former tout agent de sécurité au nouveau contexte du terrorisme.

Comme nous le rappelle Gandhi : « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ».

Intervention du journaliste tunisien Taïeb Moalla, anciennement à la radio Kalima, désormais au Journal de Québec.

Arrêt sur image – Citation de Beji Caid Essebsi, président de la République de Tunisie, sur Europe 1

The Dissident
L'indécence et le courage de la liberté.