Séverine Auffret ou la liberté de naître femme et de le devenir

© Flickr/Thierry Ehrmann

Séverine Auffret vient de se voir décerner le prix spécial du jury Simone-Veil le 24 mai 2018. L’occasion de revenir sur une belle rencontre. Et de contredire Simone de Beauvoir : contrairement à celle qui nous apprenait que « on ne naît pas femme, on le devient », la lecture de Séverine Auffret nous rappelle qu’on peut naître femme et l’assumer et en jouir. Qu’il n’est pas besoin d’opposer la nature à la culture. Que l’on peut choisir une voie plus subtile, voie de funambule et d’intellectuelle, mais aussi d’amoureuse et de mère, de créatrice et d’éveilleuse. Par sa défense d’un différentialisme égalitariste, apparent oxymore mais véritable clé pour échapper à toutes les assignations, patriarcales comme postmodernistes, elle nous propose de concevoir un véritable féminisme de la ligne de crête, libertaire et profondément joyeux.

 

Sur l’île de Groix, port d’attache de Séverine Auffret, qui a même adopté le patronyme de sa grand-mère groisillonne, on peut passer en une journée par toutes les saisons de l’année. Une après-midi que je rentrais d’une promenade émerveillée sur le sentier littoral, je m’assis sur le canapé vert, dans la vieille maison qui fut un bistrot, pour honorer un madère de dix ans d’âge, souvenir d’un autre morceau de terre jeté dans l’Atlantique.

Je venais de traverser l’hiver sur la lande à découvert, où se nichait un ancien dolmen, le printemps à l’approche du phare de Pen-Men, l’été aux abords du fort du Bas-Grognon, enfin l’automne qui m’avait rattrapée sur la route de Quelhuit à Kerlard. Entamant une fort affectueuse conversation, Séverine et moi découvrîmes que nous étions Poissons, toutes deux nées pendant ce bienheureux mois de mars qu’affectionnent les fous et les lièvres. Mais elle avait fait plus fort que moi, choisissant pour découvrir le monde un 8 mars, décrété « Journée internationale des femmes » par un certain… Lénine, en 1921, en hommage aux ouvrières révoltées de Saint-Pétersbourg.

Je ne sais plus s’il ventait encore ou si le soleil était revenu illuminer la belle pierre micaschiste de l’île, feuilletée de quartz et de grenat, comme parsemée de fils d’or. Après avoir évoqué les mollusques pouces-pieds à l’allure préhistorique, les rares phoques îliens et les méduses nouvelles venues, nous nous sommes embarquées dans une discussion qui devait se poursuivre sur le port Tudy et près des Sables rouges, dont Séverine me remit une petite fiole quelques jours plus tard. Le sort en était jeté : il fallait que nous continuions à parler de féminisme et de philosophie, de la vie comme elle va et de l’existence comme on la désire.

Une rencontre entre deux femmes

Il faut dire que nous avions été réunies de la plus improbable des manières, sous l’égide de Diogène le cynique, sur lequel je venais de publier un petit livre dans la collection « Université populaire et Cie » : Séverine avait été de l’aventure de l’UP de Caen depuis ses débuts et la rencontre s’était faite grâce à Michel Onfray. Nous nous étions croisées pour la première fois à l’ombre de Niki de Saint Phalle puis, très vite, j’avais découvert avec une vraie sensation de bonheur ses très beaux livres, Aspects du paradis (Arléa) et Des blessures et des jeux (Actes Sud). Elle y défendait le principe d’une jubilation bien terrestre, expérimentée à travers le « jeu » intellectuel et littéraire, fait pour détecter tous « les interstices dans lesquels nous pouvons faire en sorte de déployer le maximum de jouissance ».

Je discernais une philosophe qui ne reculait pas devant l’avidité sensorielle, les passions joyeuses, l’exultation de la pensée. Séverine avait aussi traduit Spinoza, La Boétie et saint Jean de la Croix ; redécouvert l’œuvre du voyageur arabe Ibn Tufayl – inspirateur sans doute du Robinson Crusoé de Defoe – ; donné une histoire des idées féministes depuis Sapphô ; enquêté sur l’excision ; vécu au Liban et aimé la poésie perse et arabe ; enseigné longtemps ; eu deux magnifiques filles, quelques chats, de grands amours.

Pour ma part, j’errais entre poésie et philosophie, littérature et service public, goût du voyage et quête de racines ; j’aimais les longues promenades le long des côtes sauvages qui défont les nœuds trop serrés dans la poitrine, écartent un instant la mort, rallument la lumière dans le corps plus vivant de devoir résister aux éléments. Devant un superbe menhir, l’une des survivances mégalithiques de l’île, nous eûmes le même réflexe et le même éclat de rire, à contempler sur sa face secrète, à hauteur de regard d’homme, une anfractuosité qui simulait à s’y méprendre un sexe de femme, clitoris compris. Je ne crois qu’aux signes qu’on s’invente pour survivre, mais il nous sembla que ce menhir androgyne venait sceller une promesse tacite.

Sur le féminisme, j’avais tout à apprendre de Séverine. Née au début des années 1980, ayant bénéficié de toutes les luttes politiques et sociales des féministes sans jamais avoir à y participer, rien ne m’incitait naturellement à croire que le féminisme était une catégorie en soi de la pensée philosophique, comme on dirait le libéralisme, le marxisme ou le nietzschéisme… J’avais même toujours été réfractaire à cette catégorisation qui semblait vouloir me placer de l’autre côté d’une barrière infranchissable : d’un côté, les hommes, ces ogres en puissance ; de l’autre, les femmes, ces douceurs pour le goûter des ogres. Bien trop souvent, je m’étais sentie ogresse moi-même, sans rien abdiquer pour autant, l’espérais-je, de la féminité. J’avais toujours relégué cette réflexion sexuée à l’arrière-plan d’un rapport plus simplement érotique au monde.

Déconstruire le mythe Simone de Beauvoir

J’étais curieuse et impatiente, défauts dont je n’ai jamais su me départir : je commençai à interroger Séverine en espérant simplement vérifier des intuitions, mettre des mots sur des évidences. Je m’aperçus vite qu’il n’en serait rien. Je tombai des nues en découvrant l’ambiguïté de Simone de Beauvoir, dont je n’avais pas encore lu Le Deuxième Sexe – ce qui, comme j’allais l’apprendre, était au demeurant le cas de la plupart des féministes ! Séverine me décrivit la mécanique sartrienne à l’œuvre dans le texte de la philosophe qu’on continue de percevoir, par une sorte de paradoxe absurde, comme la « mère du féminisme ». Elle évoqua l’invraisemblable dégoût du corps que trahissait en fait l’attitude beauvoirienne et m’expliqua comment, pourtant fascinée dans sa jeunesse par l’impétuosité et la liberté que Beauvoir semblait incarner, elle avait fini par conclure, après relecture attentive, que lui être fidèle… ce serait tout justement lui être infidèle.

Comment, en effet, une fois analysée de près, c’est-à-dire sérieusement lue, la suivre dans son analyse de la passivité féminine, dans sa conception visqueuse du sexe et de la chair, dans sa description de « l’odeur fade et croupie » qui monte du corps des femmes ? Comment ne pas voir que le féminisme beauvoirien, vécu comme malédiction et rejet (« la majorité des femmes à la fois revendiquent et détestent leur condition féminine ; c’est dans le ressentiment qu’elles la vivent », écrivait Beauvoir), s’était en grande partie constitué comme un mythe, sans rapport avec le texte originel ni avec la répulsion radicale qu’il exprimait vis-à-vis du corps féminin et de tout ce qui fait sa différence – ses sucs, ses rythmes, sa capacité d’enfanter ?

Loin d’inventer un féminisme libérateur, Beauvoir prétendait analyser la manière dont l’Homme avait construit la Femme comme son Autre

En ce sens, la trop célèbre citation, « on ne naît pas femme, on le devient », retenue seule comme une déclaration de guerre à la « nature » et une manière de recouvrer la liberté par la construction culturelle d’une identité, ne faisait qu’occulter la véritable énigme beauvoirienne. Loin d’inventer un féminisme libérateur, Beauvoir prétendait analyser la manière dont l’Homme avait construit la Femme comme son Autre, et reconduisait ce faisant la vieille opposition entre l’immanence (de la chose inerte, du corps réceptif et mou des femmes) et la transcendance (de l’esprit, du corps préhensif et actif des hommes). Ainsi, ce qui expliquait l’histoire d’une culture de la domination, c’était finalement… la Nature !

Par un retournement conceptuel extraordinaire, ne retenant que le beau projet beauvoirien, la force aussi de cette plume parfois inoubliable dans ses textes autobiographiques, on en oublierait de mesurer à quel point Beauvoir admettait l’idée d’une aliénation irréductible du corps des femmes, voué selon elle à la reproduction (« une réserve de colloïdes, une couveuse, un œuf »), ne maîtrisant pas ses plaisirs douteux (« le rut féminin, c’est la molle palpitation d’un coquillage »), tout entier vécu dans le « malpropre » et la « répulsion » (provoquées par les règles). Bref, la femme, « lourdement handicapée » par son propre corps (et ne parlons même pas des lesbiennes, décrites comme « un castrat » vivant un « complexe d’infériorité viril »), n’avait plus beaucoup de chance d’échapper à sa condition, sauf à se placer en marge de cette nature odieuse qu’il faudrait neutraliser en l’écrivant – l’échappatoire littéraire par excellence, mais pourquoi vouloir à ce point échapper à son corps de femme, justement, si ce n’est parce qu’on le renie ?!

Tout cela, que je découvris grâce à Séverine, me semblait atterrant. Je sentis qu’il y avait là matière à creuser, urgence à déconstruire cette légende, pour mieux savoir ce que l’on devait mettre à la place : ce qu’elle avait longtemps masqué d’une part – à savoir une fabuleuse généalogie féministe largement escamotée par l’épisode existentialiste – et ce qu’elle avait suscité d’autre part – c’est-à-dire des héritières légitimement infidèles, et plus passionnantes de l’être. Car les combats ne manquent pas, les controverses sans cesse renaissent : sur la prostitution, l’usage marchand du corps des femmes, le voile, la féminisation des noms, la parité, le plafond de verre, l’égalité des salaires, la conception du désir, la fonction d’intellectuelle dans la Cité, rien n’est acquis, atteint, évident.

Une autre vision du féminisme

Je l’avais su, vaguement, sans approfondir, persuadée que j’étais que Beauvoir justement, et bien d’autres après elle, avaient fait l’essentiel du travail théorique qui pouvait justifier une action pratique et concrète. Or, ce n’était pas le cas, et d’autant moins que nous vivions encore sur une fable qu’il fallait définitivement récuser : celle de l’infériorité existentielle, malencontreuse, involontaire, d’une pauvre Femme enfermée dans une chair au fond répugnante, pécheresse et presque coupable de s’ouvrir, de se liquéfier, de donner la vie. C’était donc aussi Beauvoir qui avait ouvert la voie à toutes les théories les plus délirantes des néoféministes prônant la fin de la sexualité, la reproduction désincarnée par des voies biotechnologiques, l’indistinction des genres découplée de toute réalité sexuelle.

En vérité, il y avait bien urgence à réinvestir ce corps de son poids de désir, de plaisir et de joie. Il y avait bien urgence à redire que l’interprétation culturelle de la domination masculine ne doit pas recouvrir une sorte de syndrome de Stockholm par lequel la femme, se reconnaissant dominée, chercherait à échapper à tout prix à son corps en le reniant ! Urgence à dénoncer une pseudo-fatalité asexuée ou hermaphrodite du combat féministe. Séverine, qui avait exploré l’histoire entière de ces idées depuis l’Antiquité, pouvait le démontrer : la chair des femmes est compatible avec leur esprit. Nul besoin d’ignorer l’une pour atteindre l’autre, de s’excuser de l’une pour oser l’autre. Le corps créateur, cet oxymore qui avait toujours terrifié les hommes – placés, comme le disait Françoise Héritier, face au « privilège exorbitant d’enfanter » de la femme – ; ce corps créateur, il ne fallait pas se justifier d’être né avec, mais en faire l’instrument d’une affirmation recommencée.

penser une femme qui se saurait née femme et choisirait en sus de le devenir à sa façon singulière, avec ou sans mari, avec ou sans enfant, avec ou sans carrière

Pouvait-on faire « tenir ensemble » les figures si souvent opposées de l’amoureuse et de la philosophe ? De la mère et de l’amante ? Sans obligation ni incompatibilité, sans devoir ni règle, sans loi naturelle ni moraline, penser une femme qui se saurait née femme et choisirait en sus de le devenir à sa façon singulière, avec ou sans mari, avec ou sans enfant, avec ou sans carrière. Concevoir ensemble, sans incompatibilité, l’ordre de la jouissance et celui de la création, entendue à tous les sens du terme…

Soudain, de cette histoire-là, de ces enjeux pour demain, j’avais envie de tout comprendre et de tirer quelques leçons. J’entrevoyais un passage pour échapper aux querelles incessantes entre les essentialistes (ramenant tout à la nature) et les culturalistes (ramenant tout à l’éducation), qui m’avaient toujours paru vaines, tant le bon sens sait ce qu’il y a d’indiscernable dans le mélange de nature et de culture qui nous constitue. Si Diogène cheminant dans ses ruelles grecques ne pouvait trouver, même avec sa lanterne allumée en plein jour, l’Homme avec un grand H, la Femme au sens de l’éternel féminin n’avait pas non plus de grandes chances d’apparaître au détour d’une énième réflexion sur l’histoire du sexe dit « faible ». Ce n’était donc pas du côté des grandes définitions qu’il fallait aller chercher, mais plutôt sur la ligne de crête entre deux versants, en direction d’un différentialisme égalitariste me disait Séverine : une troisième voie qui ne nierait ni l’évidence d’une différence biologique, incluant ses joies possibles, ni l’urgence d’une égalité en droits, trop imparfaite encore.

Mais, surtout, j’avais envie d’échapper un instant aux grands théorèmes et d’interroger Séverine à cœur ouvert, pour qu’elle me raconte tout, depuis le début : sa redécouverte du féminisme philosophique et de son histoire, à travers les grandes figures qu’elle avait fréquentées, de Mélanippe la philosophe, personnage d’Euripide, aux si réelles Marie de Gournay – l’amie magnifique de Montaigne – ou Gabrielle Suchon, capable de rédiger en plein XVIIe siècle un Traité du célibat volontaire, récusant les deux voies antagoniques du mariage et de la vie monastique. Qu’elle me raconte les femmes qui avaient philosophé, les philosophes qui avaient été des femmes, et ce que cette petite histoire avait à voir avec la grande histoire officielle de la pensée, qui s’était trop longtemps abstenue de considérer leur voix comme autre chose qu’un doux badinage.

Une discussion au long cours

En vérité, nous avions trop de choses à nous dire, ou plutôt, j’avais trop à lui demander. Il ne fallait pas passer à côté de ce qui pouvait être. Je pensais alors que nous pourrions explorer ensemble ces voies, peut-être le temps d’un entretien au long cours que j’imaginais alors en trois parties. La première explorerait les origines intellectuelles du féminisme ; la seconde dirait ce que l’on devait et surtout ne devait pas à Beauvoir ; la troisième visiterait, dans les sables mouvants de la pensée féministe contemporaine, quelques chemins de traverse plus délicieux que d’autres. Séverine, sans doute, s’amusa d’abord de mon enthousiasme. Je ne sais pas si elle crut tout à fait au feu follet qui lui était passé sous le nez sur l’île des sorcières – quel meilleur endroit pour pareil projet, d’ailleurs ? –, avant de redisparaître sur le bateau pour Lorient. Quelques jours plus tard, je lui envoyai mes premières questions. Le feu avait pris.

elle nous livre aujourd’hui une histoire « mondiale » du féminisme qui fera date et, surtout, recèle d’infinis trésors pour les chercheuses, les voyageuses et les rêveuses

Chacune fut vite reprise pourtant par le rythme effréné de la vie dès qu’on s’éloigne des îles. Je travaillai sur d’autres livres. Relançai quelquefois Séverine qui esquivait gentiment, plongée qu’elle était dans mille lectures. L’idée de l’entretien s’effaça doucement dans les limbes du temps, l’amitié prit le dessus et dura comme durent les vraies amitiés, sans projet ni contrainte, dans la tendresse et la confiance. Puis, un jour, j’appris que Séverine ferait bien plus et bien mieux qu’un entretien ! Elle venait de signer un contrat pour reprendre l’ensemble de ses travaux, ce qui lui permet de nous livrer aujourd’hui une histoire « mondiale » du féminisme qui fera date et, surtout, recèle d’infinis trésors pour les chercheuses, les voyageuses et les rêveuses. Ce projet que j’avais d’abord pris pour un « Contre-Beauvoir », estomaquée que j’étais – et que je reste – de ce trop long malentendu, s’était en fait mué en un livre d’illustration et de défense pour un autre féminisme, lucide mais solaire, ardent mais rationnel.

Un féminisme qui saurait ce que la femme, née femme et ne le regrettant pas, doit de plaisir et de force à son sexe (qui n’est pas « l’autre », qui n’est pas « le même » : qui est le sien), sans renoncer à rien de ce qu’exige d’égalité son humanité – prise au sens générique cette fois, comme l’universalité partagée d’une expérience commune du monde. Manifeste pour ce différentialisme égalitariste qui, je le répète, assume la différence des sexes et des sexualités, des organes et des chairs ; sans rien abdiquer quant à l’égalité des droits et des esprits, sans s’aveugler sur la persistance des phénomènes de domination. Féminisme de combat et de désir. Féminisme de funambule, par où la différence se pense comme jubilation.

Bachelard le savait : « le temps ne dure qu’en inventant ». La longue conversation promise au retour d’une promenade mouillée de l’été 2015 peut désormais se poursuivre au-delà de l’île – et pour y prendre part, il vous suffit désormais, c’est tout le miracle de la transsubstantiation livresque, de vous procurer ce petit pavé merveilleux, de vous installer confortablement dans un vieux fauteuil, de tendre la main comme nous aimons à le faire toutes deux vers un verre de porto ambré, puis de l’écouter vous raconter une histoire, des histoires, notre histoire. Puisque le temps ne dure qu’en l’inventant.

Séverine Auffret, Une histoire du féminisme : de l’Antiquité grecque à nos jours, Éditions de L’Observatoire, Paris, 2018.

Adeline Baldacchino
Adeline Baldacchino est écrivaine et magistrate à la Cour des comptes. Elle est notamment l’auteure de "Max-Pol Fouchet, le feu la flamme", (Michalon, 2013), "La Ferme des énarques" (Michalon, 2015) et "Celui qui disait non" (Fayard, 2018). Elle donne des séminaires de poésie contemporaine à l’Université populaire de Caen.