Envie de passer à l’action citoyenne ? Rejoins Anciela ! - The Dissident - The Dissident

Envie de passer à l’action citoyenne ? Rejoins Anciela !

Les membres de l'association devant les locaux d'Anciela - D.R

Favoriser les initiatives écologiques, solidaires, et mettre en réseau tous ceux qui souhaitent agir : telle est l’ambition de l’association lyonnaise Anciela. Une plateforme gratuite qui offre un soutien multiforme aux novices comme aux militants chevronnés, pour que chacun puisse devenir acteur du changement. Original !

C’est sur les bancs de Sciences Po Lyon que se sont rencontrés les fondateurs d’Anciela. Engagés auprès de mouvements féministes, anarchistes ou écologiques, les étudiants décident alors d’unir leurs compétences, afin d’aider tous ceux qui souhaitaient s’engager dans une citoyenneté active. « On avait envie de faire quelque chose, mais pas forcément d’être sur le terrain à faire de l’action environnementale », explique Martin Durigneux, co-fondateur et président de l’association, née en 2005. Après quelques années d’expérimentation, Anciela se concrétise finalement autour d’une petite équipe et accueille  une quarantaine de bénévoles. Le projet, lui, est ambitieux : faire émerger et accompagner les engagements citoyens de demain.

« Montrer aux gens qu’il est possible de proposer des choses »

Pour permettre aux citoyens de se rencontrer et d’imaginer ensemble des projets, l’association a donc créé une pépinière d’initiatives. Elle organise de nombreux évènements participatifs, dont une trentaine d’ateliers par an. Ces « temps de rencontre et d’imagination » regroupent les talents et les envies d’agir autour d’un thème précis en rapport avec les enjeux environnementaux et de développement durable. Objectif ? Fédérer autour d’une problématique choc, pour permettre aux idées à fort potentiel de se concrétiser. « Ça nous permet de montrer aux gens qu’il est possible de proposer des choses », poursuit Martin.

Une émulation citoyenne, à laquelle Ancelia participe notamment en organisant ses soirées «  ciné-déclic ». Le principe ? Proposer des documentaires qui réveillent les consciences – comme Love me tender sur la viande, La mort est dans le pré sur le sort des agriculteurs ou encore Prêts à jeter autour du traitement des déchets – afin de suciter chez les participants l’envie d’agir.

Un accompagnement durable et flexible

Si Anciela œuvre pour la « démocratisation » de l’action, en permettant à chacun de s’engager, elle suit aussi sur le long terme les initiatives qui émergent de ses ateliers, ainsi que ceux qui s’adressent à elle pour un accompagnement spécifique. Soucieux de la viabilité des initiatives qu’ils soutiennent, le noyau dur d’Anciela s’investit au plus près des porteurs de projets. Un accompagnement personnalisé et quasi « psychologique », qui permet de cerner les envies, les faiblesses, les aptitudes à encourager… et de répondre à des questions essentielles : Comment fonctionnent les institutions publiques ? Qu’est-ce-que la culture associative ? Comment construire son modèle économique sans foncer dans le mur ?

Et comme la dimension collective est toujours au cœur de l’action, Anciela propose aussi des activités collaboratives pour que les initiateurs de projets rencontrent d’autres citoyens. « On organise souvent des soirées pour trouver un nom, car cela permet de creuser le projet et de discuter », confie Martin Durigneux. En ce moment, par exemple, Anciela soutient une association étudiante qui souhaite créer une résidence étudiante alternative. « Ils sont au tout début. À ce stade, on peut les aider en leur permettant de rencontrer d’autres étudiants pour discuter de leurs attentes ».

Soirée de lancement de la liste de diffusion citoyenne "Lyon écologique et solidaire" - D.R.

Soirée de lancement de la liste de diffusion citoyenne « Lyon écologique et solidaire » – D.R.

40 à 60 projets soutenus

Dans les locaux de l’association, les murs donnent à voir tous les projets les plus structurés qui sont passés par l’association. On y découvre notamment Le Café enchanté, un lieu familial, interculturel et intergénérationnel en phase de développement, qu’Anciela accompagne sur tous les sujets : recherche de lieu, de financement, expérimentation des activités… « On accompagne entre quarante et soixante initiatives avec différents niveaux d’accompagnement », précise Martin.

Certains projets tournent déjà et se développent, comme La P’tite rustine de Bron qui rencontre un vif succès. D’autres en sont aux prémices de l’aventure, comme cette initiative qui n’a pas encore trouvé son nom, mais a déjà défini son concept : fabriquer et installer des panneaux multidirectionnels dans la ville pour indiquer où se trouvent les lieux d’engagement citoyen.

Développer le « pouvoir d’agir » des citoyens

Si la pépinière attire de nombreux citoyens désireux de s’engager dans une action associative, Anciela souhaite aussi s’adresser à ceux qui sont éloignés de cet engagement. Le projet « Agir dans mon quartier, agir dans mon immeuble », par exemple, vise à aller travailler avec les centres sociaux, les MJC, les conseils de quartier… Au programme ? Composteurs de quartier, boîtes d’échange entre voisins, ou organisation de Grafiteria (des marchés gratuits entre voisins) au pied des immeubles.

Le 6 juin prochain, Anciela sera par ailleurs au bar De l’autre côté du Pont pour mettre en relation créateurs de projets et acteurs durables. « On fera venir un porteur d’initiative, un témoin qui a créé un composteur de quartier et des personnes engagées qui connaissent les ressources, comme le collectif Les compostiers ».

Colloque organisé par la Pépinière d'initiatives - D.R.

Colloque organisé par la Pépinière d’initiatives – D.R.

Parallèlement à l’action sur le terrain, Anciela travaille aussi à mûrir sa réflexion sur les dispositifs participatifs. « Le pouvoir d’agir, c’est très complexe. Ce ne sont pas les pauvres d’un coté et les riches de l’autre, mais ça concerne la capacité à parler en public, la confiance en soi, l’autopromotion ». Pour comprendre ce qui fait les mécanismes de l’engagement citoyen – et ainsi mieux le développer -, Anciela organise ainsi des groupes de recherche avec des créateurs de projet. « Comment et pourquoi les gens s’engagent ? En déterminant cela, on peut favoriser leur engagement », appuie Martin.

Savoir se dire : « calmons-nous »

Alors que ce dernier évoque les ambiguïtés de certains groupes militants, de ces codes propres à chaque entité – de la non-violence des écologistes à la rage des militants plus radicaux, il s’amuse : « Les acteurs du social, les militants d’extrême gauche, les acteurs de la transition citoyenne, ce n’est pas du tout la même approche. Si t’es révolté, que tu as envie de tout casser et que tu te retrouves au Pacte Civique, ça ne va pas aller ! Et inversement ».

Regrettant les querelles entre mouvements, il cite Camus et Les Amandiers : « C’est un très beau texte où Camus parle du monde qui est empoisonné par le malheur et par l’esprit de lourdeur ». Un esprit que Martin Durigneux refuse. « L’idée de la diversité, c’est aussi de se dire : « Calmons-nous ». Quand il y a une différence de point de vue fondamental, oui on peut sortir les kalachnikovs et faire la guerre, mais ça ne sert à rien de vouloir toujours se mettre d’accord et de se faire du mal pour dire qu’on a raison et pas l’autre », développe Martin Durigneux.

Banlieues, antispécisme, image de la femme dans la publicité… Dans les locaux d’Anciela, la discussion se prolonge. Deux militants sont devant leur écran, jonglant entre coups de téléphone er préparation des futures activités. En nous quittant, Martin Durigneux insiste : « Si vous avez un projet en tête, une idée, même folle, il faut venir nous voir ! » L’appel est lancé, et la porte ouverte.

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Alice Dubois
Journaliste et chroniqueuse, avec prédisposition naturelle pour les sujets de société, la biosphère et les culture(s). Après une vie entre spectacle vivant et agence de com. La presse écrite ? Depuis sa première machine à écrire, en 1984.