L’honneur perdu de la République ?

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Après les élucubrations parisiennes frontistes du mini complot alternatif UMPS qui ont secoué la vie politicienne, v’là-t’y pas qu’au plus haut niveau -celui de la présidence de la République et du gouvernement- et à destination des myopes de basse extraction -c’est-à-dire la grande majorité des citoyens- on nous ressert la théorie fumeuse d’une extrême droite à la fois agonisante et dans le même temps suffisamment armée pour fomenter THE complot à base de bonnets rouges, qui en fait seraient bleu horizon, voire noirs et argent, et de tee shirts new wave sur lesquels on peut lire « mon honneur s’appelle fidélité » (sans doute une référence au mariage pas gay).

Les militants d’un printemps français qui se réveilleraient à l’aube dorée de notre bonne vieille civilisation grecque, un peu mal foutue par ces temps européens qui courent après la crise, seraient donc une armée des ombres sur les pavés de la capitale, prêts à tout casser en application de la lecture intransigeante du petit manuel illustré.

Minute et ses pirouettes du plus pur style raciste

Dans le même temps, les idéologues défraîchis d’une droite soi-disant émancipée nous resservent le complot judéo-maçonnique.. Pour le coup (de poing), on s’y retrouve, nous, les vieux grognards des gardes prétoriennes de juste après la guerre mondiale (la deuxième, même si la première a fourni quelques slogans bien anti-républicains, comme on les aime dans les chaumières néo-facho chauffées au zyklon B).

Et bien sûr le service après-vente est assuré par ces rédacteurs facétieux -cocottes plumitives d’une autre époque- du journal Minute qui fait marrer officiellement le « bon » peuple en détournant l’image de la Garde des Sceaux par une pirouette du plus pur style raciste. Je suis de plus persuadé que ces pseudos waffen intellectuels ont pris toutes les précautions juridiques pour éviter une condamnation formelle au titre des lois de la République. La lâcheté n’a pas de limites en l’occurrence. On attend avec impatience leur système de défense qui sera très probablement adossé aux articles d’un code pénal  qui, du coup, devient l’expression vertueuse de la démocratie originelle à défaut d’être originale.

A force de baisser sa culotte, on a les fesses à l’air

Depuis  quelques semaines Chistiane Taubira focalise sur sa personne les insultes racistes les plus ignobles  -mais au fond comment une insulte à caractère raciste pourrait ne pas être ignoble ? La classe politique dans sa totalité, c’est à dire ceux et celles qui se réclament avec bravache plutôt qu’avec bravoure des valeurs de la République, serait bien avisée de se manifester au delà des condamnations de principe, avec force et vigueur contre ces plaisanteries de merde qui sont la marque de la honte pour leurs auteurs. Et franchement, on s’en fout si on leur fait de la publicité. Parce qu’à force de baisser sa culotte, on a les fesses à l’air… et là tout peut arriver !

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté », nous ont appris quelques figures radicales de la révolution de 1789 ! Nous sommes aussi leurs héritiers ! Et  quand on entend ces ignominies, on a envie de revenir à des fondamentaux un peu  excessifs et loin des critères communément admis par la communauté chrétienne intégriste -genre hiver franchouillard-  mais qui disent bien ce que cela veut dire : pour un œil, toute la gueule.

Une atteinte à l’intégrité de ce que nous sommes

Les prises de position politiques de Mme Taubira peuvent -pourquoi pas- être combattues bien sûr. Ses discours trempés à l’encre d’une littérature bien léchée et de citations qui font honneur à notre culture sont d’autant plus dangereux. Mais c’est un autre débat. Sa personne -comme la mienne et la vôtre- est sacrée et mérite la protection absolue contre ces injures qui portent atteinte à l’intégrité de ce que nous sommes -humains ou, comme disait Nietzsche, trop humains.

Mais l’attaquer sur sa personne et sur ses origines ethniques relève de la saloperie pure et dure et il n’est pas possible de laisser un argumentaire de cette nature se développer et faire des petits dans l’opinion. L’honneur du centre et de la droite républicaine, de la gauche institutionnelle et de celle qui se réclame de l’extrême, serait de clairement donner un signe fort en condamnant ces propos par une déclaration solennelle commune (ça nous la rappellerait justement avec un grand C ! ) au Parlement.

Quand de plus on sait que ces sorties de route sont le fait de groupes se réclamant d’une idéologie où les principes de respect et d’amour du prochain en sont les fondements, on est en droit de se poser quelques questions -même si pour le coup on connaît une bonne partie des réponses…  Honte à ces soi-disant opposants qui se comportent en réalité comme les voyous patentés qu’ils dénoncent par ailleurs. Pour une fois -et ce ne sera pas la dernière malheureusement- il est essentiel que la défense de nos valeurs de référence, toutes tendances républicaines confondues, soit totalement mise en œuvre et ne résonne pas dans les cénacles de la gauche caviar et de la droite saucisson -à moins que ce ne soit l’inverse- et dans la rue comme une corne de brume lointaine enfouie dans la nuit et le brouillard, mais bien comme une musique baroque claire et audible pour un opéra égalitaire fraternel, libertaire et laïque.

Michel Lepoix
Commissaire Divisionnaire
Dissident Honoraire de la Police Nationale

Auteur invité
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