Jacques Brel, trente-cinq ans après - The Dissident - The Dissident

Jacques Brel, trente-cinq ans après

Jacques Barbaud : "J'ai ressenti le besoin de lui rendre hommage en chantant ses chansons. »

Le vendéen Jacques Barbaud chante les grandes chansons de Brel avec un talent confirmé. Un hommage au chanteur belge, trente cinq ans après son départ le 9 octobre 1978. Émotion garantie.

En 1979, Jacques Barbaud suit une émission de télévision évoquant la vie de Jacques Brel. Il est fasciné par la voix, les textes et la vie de Brel : « J’ai eu comme un appel. J’ai ressenti le besoin de lui rendre hommage en chantant ses chansons. » Il achète son premier 33 tours de Brel, commence à chanter chez lui et fait enregistrer une bande son des musiques de l’artiste par des musiciens. A partir de 1981, il se produit dans des kermesses, des salles municipales et pour des comités des fêtes. Pendant 15 ans, il chante une à deux fois par mois. Pour vivre, il a son travail : « Je sais ce que c’est qu’en baver. J’ai connu la vie d’usine et j’en apprécie d’autant plus ma vie d’aujourd’hui. » En 1998, il chante sur une croisière en compagnie d’autres artistes comme Serge Lama. Il chante aussi en Russie et y connaît le succès :

« J’y ai ressenti une émotion tellement forte qu’un déclic s’est produit. Il y avait trop d’écart avec mon métier. J’ai donc décidé d’y mettre un terme et de me consacrer à temps plein à ma carrière d’interprète de Jacques Brel. »

L’année suivante, Jacques Barbaud chante en Belgique, pays natal de Brel. C’est son premier spectacle avec des musiciens (pianiste, contrebassiste, accordéoniste et claviste). Il enchaîne ensuite les concerts partout en France. Le public est séduit par ses qualités d’interprète et de chanteur. Comme Brel, il sait prendre une salle et la faire chavirer de bonheur en l’emmenant ailleurs, dans l’univers si particulier de Brel habité par les Mathilde, Jeff, Jojo, Fernand et tous Ces gens-là qui vivent à Amsterdam, Bruxelles, Paris ou Vesoul. Jacques Barbaud chante les grands classiques de Brel : Les vieux, Ne me quitte pas, Le Tango funèbre, Amsterdam, Quand on a que l’amour.

« Chaque chanson est une pièce de théâtre avec une histoire et des personnages. Je m’efforce de les interpréter le plus sincèrement possible avec mon propre style. C’est pour cela que je n’ai jamais regardé un DVD de Brel en concert car je ne veux pas l’imiter. Je l’interprète à ma manière et avec ma sensibilité. Mon seul but est de donner du bonheur et de l’émotion au public. Depuis que je chante Jacques Brel, je suis pleinement heureux ! Mais ce n’est pas venu tout seul car j’ai dû beaucoup travailler et prendre des risques. »

Comme disait Brel : « Le monde sommeille par manque d’imprudence. » Et Jacques Barbaud de poursuivre :

« Il faut oser faire ce que l’on souhaite vraiment. Cela exige de nombreux efforts mais c’est là le prix de la liberté. C’est ce qu’à fait Brel : il a quitté le confort d’un emploi stable dans l’entreprise familiale pour venir seul à Paris où personne ne l’attendait. Il en a bavé mais je suis certain qu’il n’a jamais regretté son choix. »

C’est l’histoire d’un gars de la Flocellière en Vendée dont la vie fut bouleversée par Jacques Brel. « La folie, c’est de voir la vie telle qu’elle est et non pas telle qu’elle devrait être », disait Brel dans l’Homme de la Mancha, comédie musicale de 1968. Jacques Barbaud ne sera jamais fou.

Plus d’infos sur www.barbaudbrel.com

François Caillaud
Journaliste indépendant basé à Nantes, François a débuté en radio avant de suivre des études de journalisme et de sociologie. Il s'est d'abord investi dans la presse écrite : quotidiens régionaux, revues nationales spécialisées sur le monde rural et l'agriculture, presse régionale et institutionnelle. Il a rejoint l'équipe de The Dissident car il en partage les valeurs : liberté, citoyenneté, honnêteté intellectuelle, souci de l'autre et de la dignité humaine.