Le pétrole sur les planches : quel est le bon prix du baril ? - The Dissident - The Dissident

Le pétrole sur les planches : quel est le bon prix du baril ?

Une décharge de barils de pétrole en Chine. Photo DR

Une décharge de barils de pétrole en Chine. Photo DR

« Vous voyez ? Le prix du pétrole baisse, on n’a jamais eu aussi peu de mal à satisfaire la demande de pétrole, alors qu’il y a quelques mois, on entendait des farfelus nous parler de risque de rupture d’approvisionnement, ces mêmes qui jouent les Cassandres avec leur histoire de pic pétrolier. Ces mêmes qui nous servent éternellement la même rengaine, qu’il n’y en a plus pour longtemps, que c’est la fin du pétrole et qu’on court à la catastrophe. Ces mêmes auraient été malthusiens en un autre temps, ne croient pas à la technologie, et veulent imposer une idéologie rétrograde. En définitive, ces parasites sont contre le progrès et dangereux pour notre société. »

Voilà ! Maintenant que la première critique a été formulée, tous les courageux et curieux qui liront cet article pourront, de simples spectateurs, devenir critiques et se faire leur propre opinion de ce qui se trame dans les coulisses du théâtre pétrolier international.

L’intrigue

Nous passerons très rapidement sur la centralité du pétrole dans notre économie, qui n’est pas le sujet de cet article, même si c’est une question fondamentale, en particulier lorsque l’on s’intéresse au type de société et de contrat social que l’on souhaite (et peut) mettre en place, au cours des prochaines décennies (dans l’hypothèse où l’offre de pétrole serait amenée à décliner, comme je le crains). Mentionnons simplement que 97% du transport sont basés sur l’utilisation de pétrole, et qu’environ 30% de l’énergie primaire [1] faisant fonctionner notre monde proviennent du pétrole. D’une certaine manière, le transport est un marché captif du pétrole pour lequel les substituts sont virtuellement inexistants, du moins dans les proportions nécessaires.

La raison pour laquelle le pétrole est l’énergie primaire par excellence dans ce domaine ne tient ni du hasard ni du miracle, mais du fait que le contenu énergétique du pétrole est très élevé. Dit autrement, d’un petit volume de pétrole, on peut tirer beaucoup d’énergie (ou plutôt de travail, comme on dirait en physique), ce qui est une condition nécessaire et suffisante lorsque le déplacement (de personnes, de marchandises, ou de n’importe quoi d’autre composé de matière) est recherché. Eh oui, s’il fallait un réservoir 100 fois plus grand à sa voiture pour qu’elle rende le même service, on voit qu’il y aurait comme un problème. Soit dit en passant, c’est également une de ses caractéristiques physiques (le fait qu’il soit liquide, et non gazeux comme le gaz naturel ou solide comme le charbon) qui a permis son échange sur les marchés de façon globalisée (contrairement au gaz principalement échangé sur des marchés régionaux [2], puisque son coût de transport est dix fois plus élevé).

Le scénario

En théorie, le prix sur un marché n’est ni plus ni moins que la rencontre entre l’offre et la demande du produit échangé. Par un raisonnement simple (à la frontière du simplisme), le prix devrait être l’endroit où les courbes de coût marginal de production d’une part, et de demande agrégée d’autre part, se croisent.

Acte I.

Le coût marginal de production est le coût de production de la dernière unité de pétrole, lorsque ces dernières sont classées de la moins coûteuse (coût de production en Arabie Saoudite par exemple) à la plus coûteuse (Arctique, disons). Ainsi, la capacité de production globale augmente avec le prix, toutes choses égales par ailleurs, car des réserves qui n’étaient pas rentables peuvent le devenir lorsque le prix est plus élevé. Ce coût marginal de production comporte une partie fixe et une partie variable. Il ne suffit pas de couvrir ses coûts variables, il faut également retirer une rente, permettant de couvrir les coûts fixes. Néanmoins, pendant un certain temps, il peut rester rationnel de produire alors que la rente n’est pas suffisante pour assurer les coûts fixes, tant que cette période n’est pas trop longue.

Acte II.

La demande varie également avec le prix. Plus le prix est faible, plus la demande est grande, et plus le prix monte, plus la demande baisse. Vers 80-90 $/bbl, la demande des pays de l’OCDE diminue, tandis que ce chiffre est de l’ordre de 110 à 120 pour la Chine. La raison est assez facile à comprendre. Lorsqu’il s’agit de remplir le réservoir de la troisième voiture du foyer, nous ne sommes pas prêts à payer le pétrole aussi « cher » que les chinois souhaitant acquérir leur premier véhicule, lequel a pour eux une valeur bien plus importante que celle de notre troisième voiture à nous. En réalité, le prix reflète les spéculations des agents échangeant sur le marché, spéculations quant à l’évolution de l’offre et de la demande, à la hausse comme à la baisse. En période calme, où l’information est claire, les prix ne varient pas trop. En revanche, quand il commence à y avoir du bruit sur le marché – des informations ou des indicateurs contradictoires- les signaux envoyés entraînent une volatilité. Néanmoins, que ce soit en période de tempête ou de beau fixe, le prix ne reste que la traduction des spéculations diverses et variées des agents. Ainsi, la rareté de la ressource, par exemple, n’est intégrée dans les prix que par le biais de la perception qu’en ont les acheteurs et les vendeurs. Lorsque les grandes institutions, analystes, commentateurs, médias, compagnies pétrolières, parlent de la possibilité d’une rupture d’approvisionnement, alors le prix varie en fonction. Que cette possible rupture soit avérée ou non, aucune importance. Les marchés sont dans la perception et non dans la réflexion (ce n’est simplement pas leur rôle).

Les metteurs en scène

Partant de là, il convient d’aborder la question des personnes ou structures ayant une influence sur les marchés – les « metteurs en scène du marché », en quelque sorte.

Le mari.

Tout d’abord, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), qui est la branche dédiée à l’énergie des pays de l’OCDE. L’AIE est basée à Paris et produit divers rapports sur l’analyse des marchés, les tendances technologiques et le monde de l’énergie en général. Par ailleurs, chaque année, l’AIE publie le World Energy Outlook (WEO) aux alentours du mois de novembre, qui est l’occasion de faire le bilan et d’exposer sa vision de l’évolution future du paysage énergétique dans le monde. Les opinions qu’elle formule à cette occasion, car il faut bien reconnaitre que ce sont des opinions et non des travaux académiques, sont très influentes. Ce sont des travaux de grande qualité, accomplis par des économistes de la demande (c’est-à-dire des experts chargés de modéliser la manière dont la demande évoluerait en absence de contrainte sur l’offre). Il n’y a pas (à ma connaissance) d’économiste de l’offre, c’est-à-dire d’expert de l’état des réserves et ressources de pétrole, gaz et charbon, dans les rangs de l’AIE. D’ailleurs l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil and gas), qui étudie les contraintes sur l’offre de pétrole et gaz, a été créée suite à la décision de ne plus aborder la question du pic pétrolier [3] dans le WEO. La question du pic pétrolier, encore présente dans le WEO 1998, n’y figure en effet plus depuis l’année 2000. Dans le WEO 2012, l’AIE annonçait que les États-Unis, grâce au gaz et au pétrole de schiste, seraient indépendants énergétiquement d’ici à 2020, et qu’ils étaient en un sens une nouvelle Arabie Saoudite. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que de nombreuses voix s’élèvent dans les différents états-membres de l’UE, disant qu’il faudrait faire la même chose chez nous et que nous serions vraiment très mal inspirés de ne pas le faire ! Arguments de la compétitivité de l’industrie, du coup de pouce à la croissance et de la sécurité énergétique à l’appui. A cette époque, le baril de brut avoisinait les 110-120 dollars. Ce rapport a également provoqué une réaction du second grand metteur en scène de ce marché, à savoir l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), et en premier lieu de l’Arabie Saoudite, le swing producer du pétrole, c’est-à-dire celui qui a la capacité d’augmenter ou diminuer sa production très rapidement et de manière significative (suffisamment significative pour que les marchés comprennent le signal).

L’amant.

La réaction de l’OPEP a été de dire que, puisque les États-Unis allaient être bientôt capables de supplanter l’Arabie Saoudite et d’endosser l’habit de swing producer, les pays de l’OPEP n’avaient pas besoin de faire des investissements trop importants pour augmenter la production future. C’est probablement pour cela que l’AIE, dans le WEO 2013, est quelque peu revenue sur ses propos de l’année précédente, qui avaient eu leur effet [4]. De fait, le WEO 2013 avance que les pays de l’OPEP restent les seuls à même d’augmenter leur production de manière significative au-delà de 2020, et qu’ils conservent par conséquent leur pouvoir de marché.

Toutes ces annonces ont des effets sur le prix, car elles permettent la spéculation surl’évolution de l’offre et de la demande de pétrole. D’autres indicateurs ont également une influence.

Les comédiens

Nous avons dit que les prix n’étaient que spéculations, certes, néanmoins les sous-jacents physiques de l’offre et de la demande servent de force de rappel au prix, lorsque paraissent les statistiques de croissance, de chômage, de production, de stock de pétrole, d’utilisation des derricks [5], etc. Ces statistiques provoquent des réajustements nécessaires, et la chute actuelle du prix est pour partie liée à ce réajustement.

Tout d’abord, parmi les compagnies d’extraction, il est important de faire la distinction entre les compagnies internationales (les IOCs pour International Oil Companies), à l’image de Total, BP, Chevron ou Exxon Mobil, et les compagnies nationales (les NOCs pour National Oil Companies) comme la Saudi Aramco. Les unes représentent environ 5% de la production mondiale, tandis que les autres se partagent les 95% restants. Pour les unes, il est obligatoire de communiquer des informations quant à leurs réserves, tandis que les autres n’ont aucune obligation de transparence. C’est même une arme politique extrêmement forte, puisque l’on ne peut pas contraindre les pays producteurs à divulguer les cartes qu’ils ont entre les mains. Cependant, du fait de la règle que s’est imposée l’OPEP, les quotas de production des pays sont fonction de la taille des réserves. Par conséquent, ils ont plutôt intérêt à gonfler les chiffres des réserves, pour avoir « le droit » de produire davantage, et ainsi augmenter leurs revenus. A l’inverse, les IOCs auraient plutôt intérêt à sous-évaluer leurs réserves afin d’en montrer une évolution positive d’une année sur l’autre et ainsi d’attirer plus facilement les capitaux. Il ne faut pas oublier que les IOCs doivent servir les intérêts des actionnaires, ce qui les pousse à une forte « myopie », privilégiant toujours le court-terme au long-terme, là où les NOCs peuvent gérer leur production sur plusieurs années, voire décennies, de manière stratégique.

Cette myopie est en partie responsable de l’évolution actuelle du prix du pétrole. En effet, la production de pétrole aux États-Unis est tellement importante que la satisfaction de la demande mondiale n’est pas du tout un problème aujourd’hui, d’autant plus que la croissance de la Chine est plus faible qu’anticipée. Mais pourquoi les compagnies américaines produisent-elles autant, alors que les marchés ne le « demandent » pas ? Sûrement parce que les investisseurs participant à la nouvelle ruée vers l’or noir américain, soucieux de la valeur de leur investissement, scrutent avec une extrême attention l’évolution de la production présente, et non des réserves, c’est-à-dire des productions potentielles futures. Par conséquent, les acteurs ne peuvent se permettre de laisser la production diminuer, car ils risqueraient de voir les capitaux s’enfuir, du fait d’une crainte de perte de valeur. Cela conduit à une surproduction. Et le prix chute.

Cette ruée vers l’or noir est une spécificité américaine, non réplicable ailleurs. L’un des facteurs prédominants dans l’envolée de la production des gaz et pétrole de schiste américain est le fait que le sous-sol américain appartient au propriétaire du sol (ailleurs dans le monde, le sous-sol appartient à l’état), ce qui rend l’exploitation plus facile. Les réticences sont moindres car le propriétaire tire un bénéfice économique de l’exploitation, et accepte donc plus volontiers les désagréments liés à cette activité, là où les autres pays voient se dresser une opposition de leur population [6].

Les didascalies

Si nous revenons aux fondamentaux physiques du pétrole, à savoir la courbe de demande et celle de coût marginal de production, il est intéressant de voir que le prix peut non seulement fluctuer rapidement et avec une grande amplitude, mais également chuter en dessous du seuil de rentabilité d’une partie des acteurs. En effet, avec un baril à 50 $, de nombreuses compagnies des États-Unis vont faire faillite (comme certains analystes le prédisaient déjà il y a 2 ans, interprétant la ruée vers les gaz de schiste comme une bulle spéculative). Et, le chat échaudé craignant l’eau froide, il se pourrait que les investisseurs fuient rapidement, ce qui constituerait une sorte de krach économique. A cela suivrait, de manière dramatico-ironique, une ré-augmentation du prix du gaz, et les entreprises des secteurs sensibles au gaz naturel (comme l’industrie de la chimie) qui étaient retournées s’installer outre-Atlantique du fait d’une baisse du prix du gaz, se trouveraient prises en otage.

Mais même avec un prix plus élevé, la plupart des pays producteurs tirent encore la langue. En-dessous de 100 $/bbl, l’Arabie Saoudite ne parvient pas à équilibrer son budget fiscal (les énergies fossiles occupent la majeure partie de ses revenus, et le prix a un impact très fort sur son équilibre budgétaire). Pourquoi n’a-t-elle pas alors décidé de réduire sa production ? Cela aurait certes pour mérite de faire remonter le prix, mais au détriment de ses parts de marché. Il est paradoxal d’attendre ce comportement de l’Arabie Saoudite, alors qu’elle a le coût de production le plus faible. Ce serait comme commencer par cueillir les fruits tout en haut de l’arbre, avant de ramasser ceux tombés au sol. En laissant le prix chuter, l’OPEP envoie le signal qu’elle a la capacité de le faire et décourage les investisseurs qui seraient tentés par des projets dont le coût de production est élevé. Le prix remontera « mécaniquement » par une augmentation de la demande et par une baisse de la production de non-conventionnel. Certains penseront que cela conduira à ne conserver que les compagnies les plus efficaces des États-Unis, qui ressortiront renforcées. Mais l’on peut aussi faire l’hypothèse que, même s’il y a des fusions et acquisitions, les survivantes auront du mal à attirer des capitaux qui craignent toujours la douche froide [7].

Le souffleur

Enfin, il est difficile de réfléchir au prix du pétrole sans évoquer l’impact de la politique monétaire des États-Unis. Le pétrole est échangé exclusivement en dollars, ce qui confère à cette devise un rôle sans pareil. Quiconque veut se procurer du pétrole sur les marchés doit avoir des dollars. Et il n’est pas question pour les États-Unis de laisser des agents économiques utiliser une autre devise. Par conséquent, la politique de QE (Quantitative Easing – ou assouplissement quantitatif, faire tourner la planche à billets en somme) de la Banque Centrale américaine a sans doute poussé à la hausse le prix du pétrole. Dit autrement, le pétrole a une valeur intrinsèque plus importante que le dollar, et nous pourrions dire que la valeur du dollar a été adossée à celle du pétrole, en particulier lorsque la production de billets était la plus importante. Depuis l’atténuation du QE au cours des derniers mois, le dollar récupère de la valeur, tendant à faire baisser le prix du pétrole.

Le dernier acte

Et demain, un baril, c’est combien ? Je me garderais bien de faire des prédictions sur ce point. Néanmoins, si les compagnies détenant des réserves dont le coût de production est élevé (disons au-dessus de 80 $/bbl) veulent pouvoir produire, le prix devra augmenter de manière durable. Un prix « très élevé » du pétrole est donc tout à fait envisageable, seulement cela signifierait que cette ressource est utilisée pour des activités dont la valeur ajoutée est elle aussi très élevée,comme l’industrie pharmaceutique ou la synthèse de certains matériaux (et non pour se chauffer, ni pour se déplacer dans les mêmes mesures qu’aujourd’hui). Dit autrement, parler d’un prix du pétrole élevé présuppose d’avoir annihilé la dépendance au pétrole pour les activités à faible valeur ajoutée, soit en anticipant ce changement, soit en le subissant. Vaste chantier…

J’ajouterais également qu’il est possible que les acteurs des marchés aient intégré dans leurs spéculations le fait qu’un accord climatique ambitieux et contraignant soit signé à la fin de l’année à Paris. Si tel était le cas, une grande partie du carbone contenu dans les énergies fossiles sous nos pieds devrait ne pas être libérée dans l’atmosphère. En d’autres termes, environ 80% des ressources sous nos pieds devraient y rester, ce qui conduirait à une chute brutale de la valeur des actifs détenus par les compagnies pétrolières, en particulier ceux dont le coût de production est élevé (si on accepte l’idée qu’il vaut mieux extraire les ressources les plus accessibles et donc les moins coûteuses en premier lieu). Cela pourrait également expliquer une baisse des prix du pétrole sur le marché.

Deus ex machina ?

Pour conclure cet article, de plus en plus de pays interdisent la fracturation hydraulique et, tant que d’autres méthodes d’extraction ne sont pas disponibles, l’exploitation des gaz et pétrole de schiste y est de facto interdite. Sachant que ces actifs pourraient être dépréciés très rapidement et que les prix du pétrole ne garantissent pas à long-terme leur rentabilité, l’interdiction pour des raisons politiques semble plutôt une issue favorable aux compagnies privées, car il leur serait autrement plus délicat de devoir annoncer à leurs actionnaires qu’elles ne sont pas parvenues à produire malgré des investissements d’exploration conséquents. Un scénario tout à fait plausible en absence d’intervention du politique, puisque pour le moment, la rentabilité des ressources non-conventionnelles n’est pas au rendez-vous hors des États-Unis. De là à un accord entre Greenpeace et Total, n’y aurait-il qu’un pas ?

[1] L’énergie primaire est celle que l’on capte dans notre environnement, avant transformation pour être utilisable par notre société. Par exemple, l’électricité est une énergie finale, et non primaire.

[2] Amérique, Europe et Asie

[3] Le pic pétrolier n’est pas la fin du pétrole. C’est le moment où la production atteint un maximum (un pic, donc) qu’elle ne dépassera jamais par la suite. Par définition, le pic ne peut-être qu’observé ex post, de nombreuses années après l’avoir passé, alors que la diminution du flux annuel de pétrole requiert de l’anticipation et des ajustements ex ante.

[4] Les investissements n’ont eu aucun problème à affluer de l’autre côté de l’Atlantique (était-ce le but recherché par cette annonce ? nous n’en saurons jamais rien).

[5] Les rigs de forage permettent d’avoir une idée de la tendance future de la production.

[6] Par ailleurs, la densité de population en Amérique du Nord est très faible (31 h/km², contre 113 en UE ou 247 au Royaume-Uni), ce qui réduit l’opposition de la population.

[7] D’autant plus que les compagnies ont d’énormes dettes à leur bilan, ce qui complique les fusions et acquisitions.

Pierre Serkine
Pierre Serkine est ingénieur et économiste spécialisé sur la contrainte énergie-climat ainsi que dans les affaires européennes. Il travaille actuellement à Bruxelles, dans un partenariat public-privé européen dédié à l'innovation dans l'énergie. Il est également impliqué dans un projet entrepreneurial dans la digitalisation de l'énergie par et pour les citoyens.