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Les mouvements climatiques mondiaux doivent être intensifiés

Mobilisation COP Tananarive Madagascar © Réseau Climat Océan Indien.

La veille du début de la COP 21 a été marquée par une mobilisation mondiale historique : la Marche mondiale pour le climat a regroupé 2 300 événements dans 175 pays. Les mouvements climatiques doivent être intensifiés pendant les deux prochaines semaines à l’échelle planétaire afin d’assurer l’établissement d’un accord juste par les politiciens.

 

La COP 21, qui se veut être un sommet pour la paix suite aux attentats du 13 novembre à Paris, débute ce jour. Considérée comme la Conférence des parties de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique la plus importante depuis la signature de ladite convention, il est attendu de l’événement la signature d’un accord contraignant qui se traduirait par un engagement pour une disparition progressive des énergies fossiles et un monde à 100% énergie verte en 2050.

La mobilisation mondiale sans précédent qui s’est tenue le week-end dernier doit être intensifiée pendant les deux semaines de la COP 21, en vue de s’assurer que les 196 parties de la Convention intègrent dans l’accord de Paris toutes les conditions pour atteindre le 100% d’énergie renouvelable souhaité, éliminer la pauvreté et protéger la population planétaire contre des impacts plus graves du changement climatique.

 

Marche mondiale pour le climat : 2300 événements dans 175 pays

Les 28 et 29 novembre 2015, la Marche mondiale pour le climat a pris la forme de 2 300 événements organisés dans 175 pays et auxquels ont participé plus de 570 000 personnes demandant, sous différentes formes, un monde plus sain, plus propre et plus juste, transitant vers 100% énergie renouvelable.

Les records ont été battus dans dix pays où se sont déroulées les plus grandes marches : l’Australie (140 000, dont 60 000 à Melbourne), l’Inde (140 000), le Bangladesh, la Grande Bretagne (50 000 à Londres), la Nouvelle Zélande (33 000), l’Italie (plus de 20 000 à Rome), l’Espagne (plus de 20 000 à Madrid), le Danemark (plus de 20 000 à Copenhague), la Suisse (plus de 5 000 à Genève), la Grèce (plus de 3 000 à Athènes) et l’Autriche (plus de 2 000 à Vienne).

Des événements ont également eu lieu dans des pays très divers comme la Mongolie, l’Arabie Saoudite et Samoa. Une marche s’est tenue à Sanaa, au Yémen, malgré un bombardement à proximité du lieu où la marche a débuté. Des marches importantes ont été organisées dans les Iles Pacifiques (Nouvelle Calédonie et Iles Marshall).

En Afrique, de nombreux pays ont organisé une marche pour le climat dans leurs capitales et ailleurs. Citons entre autres le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Nigeria, le Kenya qui a marché sur l’Equateur, et Madagascar dont la marche a regroupé des participants des îles voisines de l’Océan Indien (La Réunion, Mayotte, Les Comores, Maurice et Seychelles).

A Paris, 22 000 paires de chaussures, dont celles du Pape François et du Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki Moon, ont été placés sur la Place de la République au nom des 400 000 personnes qui avaient prévu de participer à la Marche pour le climat. Ensuite, 10 000 personnes se sont tenu la main en signe de solidarité envers les communautés les plus affectées par le changement climatique. Enfin, c’est le seul événement parmi les 2 300 événements mondiaux qui a dégénéré,  un clash entre des anticapitalistes et anarchistes qui se sont infiltrés dans la manifestation pacifique et la police a perturbé la manifestation.

Place de la République, Paris ©350.org

Place de la République, Paris ©350.org

 

2015, année la plus chaude

Cette mobilisation mondiale inédite, renforcée par la confirmation que 2015 sera l’année record la plus chaude et par le fait que le coût des énergies renouvelables est aujourd’hui très accessible, est un message puissant aux gouvernements : le temps est venu de mettre fin aux énergies fossiles et de financer une juste transition vers 100% d’énergie renouvelable à l’horizon 2050.

« Dans les cinq continents, les citoyens sont descendus dans les rues pour demander un changement dans la façon de gouverner le monde. Dans les villes et les localités de la planète, les populations ont fait appel à un leadership politique sur le changement climatique », affirme Kumi Naidoo, directeur exécutif de Greenpeace. « Elles souhaitent un accord climatique qui maintient la hausse de la température à un niveau sécurisant, qui marque la fin des énergies fossiles, qui lance la course vers un monde alimenté par 100% d’énergies renouvelables vers le milieu de ce siècle. Si nous obtenons cela dans deux semaines, Paris sera alors un accord historique. La population mondiale a marché, nous continuerons de mettre la pression pendant les prochaines semaines, mais c’est maintenant au tour des politiciens de faire leur part. », poursuit-il.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays en voie de développement, en particulier les pays les moins avancés et les pays africains, se doivent d’élever leurs voix pour qu’un accord contraignant et comportant des actions concrètes soit signé. En effet, les catastrophes naturelles causées par le changement climatique sont amenées à s’intensifier et à se multiplier en cas d’inaction. Ces catastrophes toucheront en priorité les populations les plus pauvres alors qu’elles sont peu responsables dans les émissions de gaz à effet de serre. Selon la Banque mondiale, 100 millions de personnes supplémentaires tomberont sous le seuil de la pauvreté en 2030 si rien n’est fait, outre les conséquences en matière de santé et d’éducation.

 

Domoina Ratovozanany

Climate Tracker COP 21 Fellow du Global Call for Climate Action (GCCA)

Twitter: @domoinapoete – Email: domoinavalohery@gmail.com

Auteur invité
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