L’organisation criminelle de la faim d’Olivier Assouly

Photo © CCFD- Terre Solidaire

Professeur de philosophie, rattaché à l’Institut français de la mode, Olivier Assouly concentre ses travaux autour de la question des normes religieuses, idéologiques et politiques du goût et de notre alimentation. Son dernier ouvrage L’organisation criminelle de la faim vient de paraître aux éditions Actes Sud. Un essai qui revient sur le rôle central et névralgique joué par les nourritures dans le devenir de l’humanité.

Olivier AssoulySi la faim est une arme qui n’a cessé d’être utilisée en temps de guerre pour faire plier l’ennemi, les nazis portèrent à un niveau inédit de criminalité l’organisation de la faim au sein de leurs camps de concentration. Aussi terrifiante et scandaleuse qu’en aient été les manifestations sous le joug nazi, pareille économie exterminatrice n’était cependant pas totalement inédite au regard de l’instrumentalisation de la faim orchestrée, à la fin du xviiie siècle, par l’avènement d’une ère industrielle contraignant des populations entières à travailler en usine pour échapper à l’inanition.

Bien que les temps aient changé, d’autres pratiques continuent d’assujettir les populations en prenant en otage le fait alimentaire. Comment, en effet, ne pas s’interroger sur l’industrie agroalimentaire qui favorise une libéralisation croissante aux fins d’une criminelle mise sous tutelle économique du vivant et des denrées planétaires, érigeant ainsi l’appétit en un redoutable instrument politique de domination ?

L’organisation criminelle de la faim

Olivier Assoouly. Editions Actes Sud

Parution: octobre 2013. 208p. Prix: 20€

Alice Dubois
Journaliste et chroniqueuse, avec prédisposition naturelle pour les sujets de société, la biosphère et les culture(s). Après une vie entre spectacle vivant et agence de com. La presse écrite ? Depuis sa première machine à écrire, en 1984.